Favoriser la marche sans opposer les mobilités

Steven Kakon
Publié vendredi 05 septembre 2025
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#Votation Face à l’initiative cantonale très contraignante Pour un canton qui marche, le contre-projet privilégie souplesse et cohérence.

Le 28 septembre prochain, les Genevois sont appelés à se prononcer sur l’initiative populaire Pour un canton qui marche (IN 192) lancée par les Verts, ainsi que sur le contre-projet élaboré par le Grand Conseil. Si l’objectif de l’initiative d’encourager les déplacements à pied est louable, le contre-projet offre une réponse plus souple, plus réaliste et mieux intégrée aux dynamiques actuelles de mobilité.

Rigide et coûteuse

L’initiative populaire entend faire de la marche un mode de transport prioritaire, au même titre que les transports publics ou le vélo. Elle propose le développement d’axes piétons, de zones piétonnes ou à priorité piétonne sécurisées et de zones 30 km/h. Elle prévoit notamment d'affecter prioritairement les réseaux secondaires et de quartier en faveur des mobilités douces et des transports publics au dépens du trafic individuel motorisé.
Pour ce faire, elle fixe un budget annuel minimal de quarante millions de francs et exige des mesures concrètes dans un délai de deux ans.
Cette approche rigidifie l’action publique en imposant des contraintes budgétaires et temporelles qui ne tiennent pas compte des réalités du terrain. «L’initiative va trop loin, elle implique des aménagements ambitieux qui auraient un impact néfaste sur les autres moyens de transport», juge Erik Simonin, secrétaire patronal et responsable politique mobilité à la FER Genève, pointant également «des coûts trop élevés par rapport aux besoins».

Réponse pragmatique

Face à cette orientation, le contre-projet du Grand Conseil propose une alternative plus souple et plus cohérente avec les politiques en place. Il inscrit la promotion de la marche dans la loi, renforce la signalétique piétonne et met l’accent sur l’accessibilité pour les personnes en situation de handicap, en fauteuil roulant. Il s’appuie sur le Plan d’action des mobilités actives 2024-2028, déjà en vigueur, et évite ainsi les doublons législatifs.
Surtout, le contre-projet n’institue pas une hiérarchie rigide entre les modes de transport, mais cherche à les articuler harmonieusement. Il reconnaît la marche comme un pilier de la mobilité douce, sans pour autant imposer des obligations qui pourraient freiner d’autres projets tout aussi essentiels. Enfin, il ne fige pas les moyens, en laissant aux autorités la liberté d’adapter les investissements en fonction des besoins réels, des priorités budgétaires et des retours du terrain.
«Nous soutenons ce texte, car il est important de favoriser de manière raisonnable la mobilité piétonne avec des axes de cheminement clairs. Celui-ci est plus raisonnable que l’initiative et donne une certaine latitude au canton», résume Erik Simonin.

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