«Internet rafle les parts des commerçants des deux côtés de la frontière»

Les commerces physiques souffrent du commerce en ligne.
Les commerces physiques souffrent du commerce en ligne. VD/Entreprise romande
Steven Kakon
Publié jeudi 06 février 2025
Lien copié

#Commerce Les résultats de la nouvelle enquête sur les habitudes de consommation des habitants du Grand Genève ont été dévoilés en conférence de presse. La numérisation de l’économie met en danger les commerces physiques.

Qui consomme quoi, où, comment, et pour quelle somme? Plus de neuf mille résidents du Grand Genève ont participé à la nouvelle enquête de consommation, dont l’objectif est de mieux comprendre les comportements d’achat et leurs évolutions.

Depuis 2018, année de parution de la première étude, le potentiel de consommation moyen par ménage est resté «stable», tout comme les flux d’achats transfrontaliers. Les résidents français ont dépensé 156 millions de francs du côté suisse en 2024, soit une augmentation de 12%, tandis que les résidents suisses ont dépensé 482 millions d’euros du côté français en 2024 (+13% par rapport à 2018).

«Rafle» d’internet

Problème: le commerce local se voit fortement concurrencé par les achats en ligne. 12% des dépenses annuelles de consommation sont effectuées en ligne, soit trois fois plus qu’en 2018. «Internet rafle les parts des commerçants des deux côtés de la frontière», affirme d’emblée Antonio Hodgers, Conseiller d’Etat chargé du territoire, face à la presse le 6 février. Les achats en ligne représentent désormais 22% des dépenses non alimentaires. «Pour le commerce non alimentaire, les résultats sont peu satisfaisants», appuie sa collègue Delphine Bachmann, chargée de l'économie et de l'emploi. En revanche, les achats de produits alimentaires frais sur les marchés et en vente directe progressent.

«La montée du commerce en ligne représente un défi pour les commerçants, mais aussi pour les communes», commente pour sa part Christine Girod, responsable politique du Territoire, Région de Nyon, soulignant le rôle social des commerçants qui «animent nos rues».

Selon Christine Girod, les communes qui se mobilisent pour soutenir leur tissu économique local voient des résultats positifs: «La commune de Nyon offre des bons Only Nyon et ça fonctionne», illustre-elle, avant de parler de sa commune, Gland, où «nous avons acquis un immeuble, dans lequel nous allons installer un restaurant qui fera de la cuisine locale et qui offre aussi la possibilité à des commerçants de déposer leur produit. On voit donc que le foncier fait une différence pour pouvoir aider les commerces à vivre».

Actions à venir

Le département de l’économie et de l’emploi a bien conscience du problème. «Mon office travaille main dans la main avec les commerçants pour promouvoir nos produits. J’entends réunir d’ici au mois de juin l’ensemble des acteurs pour développer un plan de soutien au commerce local», promet Delphine Bachmann, qui mise également sur les formations au numérique pour les commerçants.

De quoi rassurer Flore Teysseire, secrétaire patronale de Genève Commerces, qui appelle les autorités à proposer des conditions cadre pour les commerçants. «Nous restons à leur disposition pour des consultations.»

Cette enquête a été menée en 2024 conjointement par le canton de Genève, le Pôle métropolitain du Genevois français et la Région de Nyon. Elle cible les biens de consommation uniquement.

insérer code pub ici