Quand Dreamscape réinvente la réalité... sans capteurs

Le système perçoit les utilisateurs et recrée leur squelette de la tête aux pieds grâce aux points lumineux qu’il génère.
Le système perçoit les utilisateurs et recrée leur squelette de la tête aux pieds grâce aux points lumineux qu’il génère. Rafael Duarte
Flavia Giovannelli
Publié jeudi 22 mai 2025
Lien copié

#Numérique Dreamscape a inauguré à Genève une nouvelle technologie de capture de mouvement, sans capteurs.

Après avoir conquis les milieux du cinéma et lancé quelques centres soigneusement sélectionnés pour ses débuts dans le divertissement, Dreamscape, spécialiste de la réalité virtuelle, a pris ses quartiers au cœur de Genève, il y a environ trois ans. Un retour aux sources, puisque c’est là que l’entreprise est née, alliant technologie de pointe et savoir-faire en narration cinématographique.

Cécilia Charbonnier, cofondatrice de Dreamscape, toujours en première ligne, a su adapter l’offre au fil du temps. À ses débuts, les visiteurs genevois ont pu revivre l’ancien temps avec Genève 1850, reconstitution nourrie par les archives historiques. Ou encore embarquer pour une expédition intergalactique (Alien Zoo), entre autres exemples.

Dès l’origine, la technologie de Dreamscape a été développée par le centre de recherche genevois Artanim. Ce pionnier de la réalité virtuelle met la capture du mouvement et le mapping corporel intégral au service d’expériences immersives. Ce système unique permet un suivi des participants en temps réel, précis au millimètre près, sans latence perceptible. Les utilisateurs, qui choisissent un avatar peuvent se voir sous ses traits et interagir entre eux librement dans cet univers virtuel.

En 2025, Dreamscape franchit une nouvelle étape centrée sur l’expérience utilisateur. La solution va plus loin: plus besoin de capteurs sur les bras et les jambes pour se fondre dans la réalité virtuelle. Pour l’instant, cette avancée est proposée uniquement avec The House of Wonders, développée en collaboration avec Audemars Piguet, la marque horlogère. L’exploration offre une immersion saisissante: on plonge à toute vitesse des tréfonds ardents d’une fonderie à une jungle luxuriante, avant de survoler des abîmes vertigineux pour finalement pénétrer les ateliers de précision et y découvrir quelques secrets de fabrication. Le tout est enrichi d’effets haptiques: le sol vibre sous les pieds et le contact du bois est restitué avec une précision étonnante.

Cette avancée technologique permet d’accueillir jusqu’à huit utilisateurs simultanément, qui peuvent évoluer ensemble dans un même espace, interagir et manipuler des objets virtuels sans entraves. En supprimant les capteurs physiques, Dreamscape simplifie la gestion des sessions, rend les expériences plus fluides et réduit les coûts d’exploitation.

Artanim promet d’aller encore plus loin: «L’avenir de la réalité virtuelle passera par des casques toujours plus légers, voire totalement invisibles, et par une qualité d’image et de contenus en constante amélioration», prédit Cécilia Charbonnier.

Elargissement stratégique vers les entreprises

En parallèle, Dreamscape étend son univers au monde de l’entreprise. Au-delà du divertissement, sa plateforme technologique s’impose désormais comme un outil puissant pour explorer le patrimoine et les processus de création des marques, à l’image d’Audemars Piguet. Plusieurs grands noms du luxe international s’en sont déjà emparés, séduits par la capacité de la réalité virtuelle à lancer des produits innovants ou à enrichir le parcours client. Elle permet de tisser des liens plus forts avec l’audience, de renforcer la confiance ou de gérer des situations complexes dans des environnements sûrs, contrôlés et économiquement avantageux.

Dreamscape ambitionne aussi de se développer dans d’autres secteurs, comme l’éducation. L’entreprise a conclu un partenariat avec l’Université de l’Arizona pour expérimenter de nouvelles approches pédagogiques. Le tourisme s’annonce également comme un champ d’exploration sans limites, avec la possibilité de visiter des lieux emblématiques ou des reconstitutions historiques.

Enfin, les professionnels de l’architecture et de la construction bénéficient eux aussi d’outils avancés, leur permettant d’itérer en temps réel sur des modèles 3D afin d’affiner les projets avant même leur concrétisation.

insérer code pub ici