«Comment parler d’économie sans parler du monde qui l’entoure? Les repères d’hier vacillent, les équilibres se déplacent et un nouvel ordre se dessine - plus incertain, plus instable et plus fragmenté.
Les barrières commerciales réapparaissent, même pour notre pays qui croyait être à l’abri des décisions arbitraires et irrationnelles du locataire de la Maison Blanche. La méfiance entre États s’installe, l’ordre multilatéral, que la Suisse a toujours défendu, se fragilise sous les coups du populisme et du repli identitaire.
Les crises s’enchaînent et nous forcent à être toujours plus agiles et résilients. L’incertitude s’impose partout non plus comme une exception, mais comme une norme.
Ce chaos est révélateur d’un paradoxe de notre époque, où les échanges, au sens large, n’ont jamais été aussi faciles, rapides et mondialisés, et pourtant les murs – économiques, politiques, et idéologiques – n’ont jamais été aussi nombreux.
Comment préserver notre modèle économique, notre résilience et notre prospérité?
La Suisse n’étant pas une grande puissance, malgré son poids économique, la réponse tient, pour ma part, en un mot: l’ouverture! Elle est le moteur de notre compétitivité, l’ADN de notre prospérité. Elle est le socle même de notre singularité. Cette ouverture ne peut cependant porter ses fruits que si elle repose sur des repères stables, sur des partenariats solides et sur une volonté politique assumée.
Depuis plus de vingt-cinq ans, la voie bilatérale est un pilier de notre succès. La FER Genève continuera de la défendre avec conviction, car soutenir cette voie, c’est investir dans la compétitivité de notre économie, dans la stabilité de notre société, et dans la pérennité du modèle suisse.
Pendant que nous nous efforçons à bâtir des ponts, d’autres préfèrent ériger des murs en brandissent la peur et l’isolement comme solutions.
Je pense ici à l’initiative visant à limiter la population suisse à dix millions d’habitants.
Si cette initiative prétend répondre à un enjeu de durabilité, dans les faits, elle ne fait qu’orchestrer la fin de la libre circulation des personnes, et donc la fin des accords bilatéraux, la fin de l’accès au marché européen, la fin de la mobilité de la main-d’œuvre essentielle à nos PME et à nos institutions. Une autre initiative prétend servir l’avenir sous couvert de durabilité: celle des jeunes socialistes, qui vise à taxer à 50% les successions de plus de cinquante millions de francs.
Ce projet ne bâtit pas l’avenir, il le mine en pénalisant les entreprises familiales, en fragilisant la transmission d’entreprises, en envoyant un signal de défiance à celles et ceux qui entreprennent, qui investissent et qui créent de la valeur.
Nous devons être conscients que dans un contexte de concurrence fiscale exacerbé, cette initiative représente pour certains la goutte d’eau qui fait déborder le vase.
Enfin, une autre réforme mérite toute notre attention.
Il s’agit du projet d’impôt immobilier cantonal sur les résidences secondaires, sur lequel la population suisse se prononcera en septembre prochain.
Derrière un intitulé qui laisse croire que l’on parle de fiscalité cantonale, l’enjeu de cette votation est la suppression de la valeur locative, mais aussi de différentes déductions pour les propriétaires de leur logement à l’échelle du pays.
Si la FER Genève soutient la suppression de la valeur locative, la solution retenue est loin d’être satisfaisante, ayant parmi ses conséquences la forte limitation et à terme la suppression de la déductibilité des intérêts passifs sur tous types d’emprunts, pas seulement hypothécaires. C’est donc une charge potentielle de plus pour les entrepreneurs. La FER Genève anticipe les enjeux à venir et qu’elle se positionne avec clarté sur les objets de votations qui ont des impacts directs sur la marche de vos affaires.
Notre prospérité et notre résilience doivent se défendre chaque jour avec engagement et avec courage.
Dans un monde en perpétuel mouvement, où les certitudes s’effritent et où le populisme progresse, nous devons, plus que jamais, tenir le cap de nos convictions et de nos valeurs.
Retenons les leçons de l’histoire, car elles sont primordiales pour appréhender le présent et le futur.
C’est dans cet esprit que la FER Genève restera fidèle à ses missions et qu’elle continuera de porter haut les valeurs d’ouverture, de dialogue, de compétitivité et de responsabilité qui sont les moteurs du succès du modèle helvétique.»
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