Fondetec: derrière les projets soutenus, une majorité de femmes

Irene Cabeza et Marine Coluni ont fondé My Pelvicare avec l'aide de la Fondetec
Irene Cabeza et Marine Coluni ont fondé My Pelvicare avec l'aide de la Fondetec DR
Pierre Cormon
Publié mardi 23 juin 2026
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#entrepreneuriat L'organisme de soutien aux entreprises de la Ville de Genève a reçu moins de demandes portées par des femmes en 2025, mais leur taux d'acceptation a été supérieur

Dix-huit projets entrepreneuriaux portés par des femmes ont sollicité le soutien de la Fondetec, l'organisme de soutien aux entreprises de la Ville de Genève, en 2025. C'est sensiblement moins que les projets portés par des hommes (29). Et pourtant, 13 de ces projets ont été retenus par l’organisme, contre 12 projets portés par des hommes.

Le point avec Antoine Fatio, directeur de la Fondetec.

 

Comment expliquez-vous ce chiffre?

Lorsque je suis arrivé à la Fondetec, en 2018, les projets portés par des femmes représentaient environ 22 à 23% des dossiers acceptés. Nous avons depuis travaillé de manière plus attentive sur notre accessibilité, notre communication et notre manière de nous adresser à l’ensemble des entrepreneuses et entrepreneurs.

L’objectif n’était pas de créer un traitement différencié, mais de nous assurer que les femmes se sentent pleinement concernées par les dispositifs existants et qu’elles identifient la Fondetec comme un interlocuteur naturel pour leur projet. Cela s’est traduit notamment par des actions de mise en réseau, une attention portée aux représentations dans notre communication, une volonté de rendre nos dispositifs plus lisibles et la participation à plusieurs initiatives de soutien à l’entrepreneuriat féminin

Avec quels résultats?

Les évolutions ont d’abord été progressives. En 2024, les projets portés par des femmes représentaient 31% des dossiers acceptés. En 2025, cette proportion est passée à 52%.

Il faut toutefois rester prudent dans l’interprétation. Une année ne suffit pas à établir une tendance structurelle. Ce résultat est encourageant, mais il devra être confirmé dans la durée.

Observez-vous des différences entre les projets portés par des femmes ou des hommes?

Nous observons certaines concentrations sectorielles. Les projets portés par des femmes sont relativement plus présents dans les services à la personne, notamment dans les domaines de la santé, du bien-être, de l’esthétique ou des soins. Mais il faut éviter d’en tirer des conclusions trop générales: chaque dossier reste d’abord analysé sur son modèle économique, la solidité du projet, l’ancrage local et la capacité de mise en œuvre.


 

Ella Sahling, physiothérapeute

"Je me suis sentie prise au sérieux"

 

En six ans de pratique indépendante, Ella Sahling a bâti une expérience solide et un réseau étendu. Cela lui a donné envie de lancer son propre cabinet. "Ce sera un lieu qui me ressemble", explique-t-elle. "Focalisé sur les besoins des patients, pour les prendre en charge de manière individuelle et chaleureuse." Elle compte aussi développer des activités de prévention, comme des cours et des rencontres avec des intervenants extérieurs.

Le cabinet ouvrira en septembre, en face du Centre commercial de Balexert, dans un immeuble qui abrite déjà un centre médical et une antenne de l'Institution genevoise de maintien à domicile (IMAD). "Cela nous permettra de développer des synergies", explique-t-elle. "Je crois beaucoup dans le travail multidisciplinaire."

Ella Sahling travaillera avec un autre physiothérapeute et assurera la direction. Le cabinet pourra encore accueillir deux autres professionnels.

Et la Fondetec? "J'y ai trouvé des interlocuteurs me prenant au sérieux, ce qui n'est pas donné quand on se lance dans l’entrepreneuriat", répond-elle. "Ils comprennent les enjeux du domaine de la santé; leur approche est beaucoup plus personnalisée que celle d’autres acteurs du financement".


 

Marine Coluni, My Pelvicare

«Les banques n’entraient pas en matière»

Un espace pluridisciplinaire entièrement consacré à la santé pelvienne des femmes, à la pointe de la technique et doté d’équipements de dernière génération: tel était le projet de deux physiothérapeutes, Marine Coluni et Irene Cabeza.

Restait à trouver les financements. Les banques ne sont pas entrées en matière. La Fondetec, elle, leur a accordé un prêt pour ouvrir le cabinet, en 2023, puis un autre pour l’agrandir, en 2025. «Elle nous a aussi offert un accompagnement très précieux, par exemple pour rédiger notre business plan», relève Marine Coluni.

My Pelvicare occupe maintenant, outre les deux associées, deux physiothérapeutes salariées ainsi qu’une ostéopathe et une acupunctrice indépendantes. «Nous partageons des patientes et échangeons beaucoup», explique Marine Coluni. Des échanges ont également lieu entre patientes, en petits groupes.

Le cabinet compte encore une salle de cours, qui peut être loué à des intervenants externes. On y propose des activités qui complètent le travail thérapeutique: yoga, Pilates, renforcement musculaire postpartum, portage de bébé…

«Les patientes apprécient beaucoup de trouver toutes ces compétences dans un seul lieu», conclut Marine Coluni. «Nous croyons beaucoup au travail multidisciplinaire.»

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