Quatre réalités à connaître sur la migration en Suisse
Pierre Cormon
Publié lundi 11 mai 2026
Modifié lundi 11 mai 2026
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#Immigration
La dernière publication de la FER Genève fait une synthèse des principales questions liés à la migration, étayée par des données solides
Quelles sont les raisons qui poussent des étrangers à s'installer en Suisse? A en repartir? Quel effet leur présence a-t-elle sur le marché du travail? Les assurances sociales?
Toutes ces questions trouvent des réponses concises et étayées par des données solides dans Les principaux enjeux de la migration en Suisse. Cette brochure, publiée par la FER Genève, a été rédigée par Yannic Forney, chargé de projets. Elle passe en revue les principaux thèmes liés à la migration: données démographiques, rapports avec le marché du travail, effets sur les assurances sociales, politique vis-à-vis de l'UE ...
Quelques-uns des constats glanés dans la brochure:
• L'immigration a permis de freiner le vieillissement démographique
Une grande partie du monde est confrontée au vieillissement de la population, ce qui a des effets profonds, comme le montre notamment l'exemple du Japon. La Suisse s'en sort moins mal que des pays comparables. La proportion entre les personnes en âge de travailler et d'être à la retraite y est un peu plus faible que la moyenne de l'Union européenne. Les Suisses faisant peu d'enfants, c'est essentiellement dû à la migration. "Les migrants contribuent à rajeunir la population, étant majoritairement concentrés dans les branches d'âge actives, tandis que les Suisses sont plus représentés dans les classes plus âgées", écrit Yannic Forney.
• L'immigration a peu d'effet sur lechômage
Le taux de chômage n'a guère varié depuis l'entrée en vigueur de la libre circulation, que l'on adopte la définition suisse (SECO) ou internationale (BIT). Les immigrés occupent en effet des postes que l'on pourrait difficilement pourvoir autrement. Il en va de même pour les frontaliers. "A Genève, par exemple, le nombre d'emplois (plus de 427 600 emplois en 2023) dépasse largement celui des personnes actives résidentes (plus de 243 000)", remarque Yannic Forney.
Les étrangers sont d'ailleurs particulièrement nombreux à travailler dans des secteurs qui connaissent une pénurie de main-d'œuvre, au premier rang desquels la santé. Leur taux d'activité est parmi les plus élevés des pays de l'OCDE.
• On vient en Suisse, on la quitte aussi
Près de la moitié des immigrants quittent la Suisse après moins de cinq ans. "Les personnes à faible revenu sont particulièrement nombreuses à repartir dès la première année", note Yannic Forney. Quant aux Suisses, ils sont environ 30 000 à s'installer à l'étranger chaque année – environ un Suisse sur dix y vit.
Le nombre de départs est en augmentation constante depuis plusieurs années. La retraite est le premier motif d'émigration des étrangers, suivi des raisons familiales et professionnelles.
• Les étrangers rapportent plus qu'ils ne coûtent à l'AVS
Les Suisses contribuent collectivement de moins en moins à l'AVS et les étrangers de plus en plus. La part des premiers dans le total des revenus soumis à cotisation est passée d'environ trois quarts à deux tiers en vingt ans, celle des seconds d'un sixième à un quart. Les étrangers rapportent plus qu'ils ne coûtent à l'AVS: "ils y ont contribué à hauteur de 27%, tandis qu'ils percevaient 14,9% de la somme globale des prestations individuelles", relève Yannic Forney.
Les principaux enjeux de la migration en Suisse, 92 pages. La version imprimée est vendue au prix de 25 CHF sur le site de la FER Genève. La version numérique peut être téléchargée gratuitement.
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