Sans plans papier, les chantiers passent au BIM

Dans les métiers du bâtiment, le BIM (Building Information Modeling) est en train de supplanter les plans en 2D.
Dans les métiers du bâtiment, le BIM (Building Information Modeling) est en train de supplanter les plans en 2D. Adobestock.
Steven Kakon
Publié vendredi 19 juin 2026
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#Construction Avec la maquette numérique, le secteur du bâtiment bascule vers des méthodes plus rapides, plus précises et plus collaboratives.

Une maquette 3D intelligente contenant les coordonnées exactes des éléments (axes, murs, réseaux, etc.), les dimensions et les altitudes, les relations entre objets: c’est le BIM. Dans les métiers du bâtiment, le BIM (Building Information Modeling) est en train de supplanter les plans en 2D. Véritable outil de production, il s’impose et transforme en profondeur la façon de travailler sur les chantiers, avec des répercussions qui s’étendent jusqu’à l’exploitation des bâtiments.

Là où un plan 2D exige une interprétation, la maquette numérique offre une lecture immersive et limite les ambiguïtés. «A terme, l’objectif est d’accélérer les procédures», informe Joseph Arson, directeur d’Arson Concept. Devant le public réuni le 11 juin à la salle communale d’Onex, à l’occasion de la troisième édition du BIM Forum, il en énumère les bénéfices concrets: suppression des impressions de plans (et des coûts d’héliographie), réduction de 50% du temps de dessin, et jusqu’à 60% de gain sur le temps de traçage sur site. Une modification? Ajouter une fenêtre ou déplacer une porte devient instantané: tout se met à jour automatiquement dans l’ordinateur. Tout cela est possible parce que l’ensemble des acteurs de la construction travaille déjà en 3D. «Tous les projets sont dessinés en 3D, alors utilisons-les!», lance le professionnel.
 

Projet compréhensible par tous


Au-delà des économies de temps et d’argent, le BIM répond à un enjeu crucial: combler les lacunes d’information des plans traditionnels. «Avec ce système, on accède aux informations dont on a besoin, pas seulement à celles que l’architecte a transmises», souligne Joseph Arson. Mais cette richesse suppose un dialogue en amont avec les concepteurs (architecte, ingénieur) à qui il faut clairement exprimer ses besoins, ses méthodes, son phasage et ses étapes de travail. «L’objectif, c’est de rendre le projet compréhensible par tous», résume-t-il. C’est précisément le rôle du «BIM Manager»: faire le lien entre architectes, ingénieurs et équipes de terrain. Un poste clé, qui nécessite autant de rigueur que de polyvalence. «Il faut comprendre les logiciels, maîtriser les formats de données. Et surtout avoir de l’organisation», glisse un participant dans la salle, lui-même BIM Manager.

 


Installer un BIM


Mettre en place le BIM implique un équipement adapté. Il faut une cabane à plan numérique équipée d’un écran, des smartphones, des tablettes de chantier, une station capable de relever des coordonnées (X, Y, Z) avec une précision millimétrique ou d’implanter des éléments sur site, limitant fortement les erreurs. Cet investissement - entre 40 000 et 50 000 francs pour une station totale – est élevé. Mais, à en croire Joseph Arson, il est rapidement rentabilisé au vu des gains en efficacité et en précision.

 

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