Canicule: la Jonction teste son «corridor de fraîcheur»

L'expérience sera menée jusqu'en octobre, avec des résultats attendus en décembre 2026.
L'expérience sera menée jusqu'en octobre, avec des résultats attendus en décembre 2026. UltraModula.
Steven Kakon
Publié vendredi 19 juin 2026
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#CLIMAT  À partir du 15 juillet, huit installations modulaires seront déployées pour rafraîchir le quartier et maintenir les liens sociaux en périodes de fortes chaleurs.

Béton brûlant, manque d’ombre, chaleur étouffante qui s’accumule. A la Jonction, le soleil cogne, certaines rues affichant jusqu'à cinq degrés de plus qu’ailleurs à Genève. Face à des épisodes caniculaires devenus la norme estivale, une expérimentation baptisée «Marche au Frais» entend redonner de l’air au quartier.

Dès le 15 juillet, les habitants n’auront plus à dévier de leurs itinéraires quotidiens pour trouver de l’ombre. Huit modules ombragés et végétalisés formeront un «corridor de fraîcheur» d'un kilomètre, allant du Parc Baud-Bovy à la rue du Vélodrome, via le Parc Gourgas. Chaque détail du dispositif a été pensé: l’ombrage, assuré par la végétalisation, sera orienté selon la trajectoire solaire, l’ergonomie des bancs a été validée pour les personnes âgées, et un système de brumisation des modules et des capteurs intégrés alimenteront le dispositif scientifique. Le tracé et l’aménagement de ces espaces de fraîcheur, de repos et de rencontre ont été définis le 17 juin avec et pour les habitants, lors d'ateliers participatifs et de marches exploratoires. 
 

Laboratoire climatique


Partout en Europe, les villes s’interrogent: pourra-t-on encore marcher, travailler, se rencontrer dans l’espace public si les canicules deviennent la norme? Jusque début octobre, ce parcours transformera la Jonction en laboratoire climatique à ciel ouvert. Au-delà de l’objectif de faire entrer la nature en ville et rafraîchir l'espace public, il s’agit de mesurer scientifiquement si un tel dispositif permet aux habitants - notamment les personnes âgées, les familles et les personnes à mobilité réduite - de continuer à se déplacer, se rencontrer et vivre leur quartier pendant les épisodes de forte chaleur. 

Le projet est porté par un large partenariat - Université de Genève (UNIGE), Ville de Genève, Fondation Modus, Living Lab la Jonction, Pépinières Genevoises et UltraModula - et pourrait nourrir les futures politiques d’adaptation climatique, à Genève comme ailleurs. L’UNIGE mènera une évaluation scientifique de l’expérience dont les résultats sont attendus en décembre.

Ces espaces sont-ils pensés pour accueillir des activités professionnelles (afterworks, networking ou brainstorming en extérieur)? «Dans le cadre de ce projet, la cible est plus sociétale», répond Federico Cruz, co-fondateur et gestionnaire à UltraModula. Il précise toutefois être en discussion avec des entreprises pour adapter de futures installations modulables à d’autres utilisations. 

A la Jonction, les modules permettront l’installation de panneaux solaires sur les toits. «Le premier handicap du travail à l’extérieur c’est l’accès à électricité», fait savoir Federico Cruz. Ils sont conçus pour être redéployés dans leur intégralité dans d'autres quartiers genevois en 2027 et 2028.
 


Travail en extérieur: les conseils de la SUVA

 

En période de forte chaleur, un travail moyennement pénible peut s’avérer plus astreignant que d’habitude. Elle pèse aussi sur les activités de bureau en intérieur et fait chuter la productivité. Mais c’est en extérieur que les risques se font le plus sentir. À quoi faut-il veiller lors de travaux en plein air? La SUVA a établi des recommandations:

•    Protégez-vous contre le soleil et la chaleur.
•    Travaillez à l'ombre lorsque cela est possible.
•    Buvez suffisamment d’eau avant même de commencer à travailler.
•    Faites des pauses à l’ombre.
•    Adaptez le rythme de travail.

De 28 à 32 degrés (niveau 3), il est notamment recommandé d’adapter spécialement les horaires de travail à la température prévue: par exemple, avancer le début de la journée de travail et effectuer les travaux pénibles tôt le matin. Ou encore de mettre à disposition des boissons fraîches, de l’eau et d’autres possibilités de rafraîchissement (par exemple, eau pour y plonger les bras, serviettes froides) à proximité du poste de travail. À partir de 33 degrés (niveau 4), la SUVA recommande de réduire les travaux très pénibles au strict minimum. Organiser éventuellement une rotation entre les personnes travaillant sous la chaleur et celles travaillant dans des endroits plus frais.
Rappelons que l’application MeteoAtWork, facile d’utilisation, améliore la prévention des risques liés aux fortes chaleurs. Un projet est en cours pour étendre son usage au travail en intérieur.

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