Cyberattaques: «Il est trop tard pour réagir pendant la crise»

Les cybermenaces se multiplient et se raffinent, portées par les avancées de l’IA.
Les cybermenaces se multiplient et se raffinent, portées par les avancées de l’IA. AdobeStock
Steven Kakon
Publié mardi 27 octobre 2026
Lien copié

#Finance Face à l’essor des cybermenaces, le Swiss Financial Sector Cyber Security Center prône l’anticipation. Exercices cyber, coordination de crise et échanges d’informations: tout est fait pour que les banques et autorités sachent agir ensemble lors d'une crise touchant plusieurs acteurs.

La sécurité, avant tout. Voilà ce que le secteur financier genevois attend en priorité du Canton, selon l’étude conjoncturelle 2026-2027 de la Fondation Genève Place financière (FGPF), présentée à la presse le 27 octobre. Ce résultat n’a rien d’une surprise. «Le succès de la gestion de fortune réside dans la confiance de la clientèle et il ne peut y avoir de confiance sans sécurité», explique Edouard Cuendet, directeur de la FGPF.

La sécurité se joue sur deux fronts. Sur le plan physique, les banques redoutent les braquages de bancomats, tandis que les clients venus de l’étranger sont exposés aux vols à la tire, et les clients locaux comme les collaborateurs du secteur aux cambriolages et au home jacking. Sur le plan numérique, c’est la cybersécurité qui est en jeu.

Domaines à privilégier au niveau genevois 
(plusieurs réponses possibles)

 
 

Intelligence artificielle


Les cybermenaces se multiplient et se raffinent. Elles sont portées par la professionnalisation des groupes criminels à travers le monde et par les avancées majeures de l’intelligence artificielle (IA), qui accélère les attaques, facilite la fraude et transforme déjà le paysage des menaces. «Les tensions géopolitiques actuelles ajoutent de l’incertitude, notamment par une réduction de la coopération internationale en matière de prévention et de lutte contre la cybercriminalité», souligne Florian Widmer, Chief Risk Officer Technology & Head of Cybersecurity à la Banque Pictet & Cie. Selon lui, la cyberrésilience ne se limite pas à la protection: «Il faut aussi être capable de détecter les menaces émergentes et disposer de procédures et d’outils pour répondre aux incidents ou restaurer l’activité après une cyberattaque».

Autre évolution à surveiller: l’informatique quantique. «Elle pose de nouveaux défis à long terme pour les méthodes cryptographiques actuelles et nécessite une préparation précoce», prévient Alexandra Arni, directrice du Swiss Financial Sector Cyber Security Center (Swiss FS-CSC). 

Partenariat public-privé


Face à ces risques, le Swiss FS-CSC réunit acteurs publics et privés autour de la cybersécurité depuis 2022. Sa mission: renforcer la cyberrésilience de ses membres et organiser la coopération entre institutions financières et autorités. L’initiative, unique au monde par son approche, fait de la Suisse un précurseur. L’Office fédéral de la cybersécurité, l’Autorité fédérale de surveillance des marchés financiers, le Secrétariat d’Etat aux questions financières internationales et la Banque nationale suisse siègent aux comités centraux de l’association.

Anticipation


Le centre s’appuie sur quatre éléments complémentaires: l’échange d’informations, les exercices cyber, la coordination de crise et l’étude des nouveaux risques. Alexandra Arni insiste sur l’anticipation: «Il est trop tard pour réagir pendant la crise». Les exercices cyber préparent les acteurs à se coordonner et à communiquer lorsqu’une crise en touche plusieurs. En amont, il faut repenser les services critiques et savoir qui fait quoi, et comment communiquer. 

Sur le plan fédéral, l'étude de la FGPF montre que la régulation bancaire - indissociable de la question de la compétitivité - occupe le devant de la scène. Le sujet est d’autant plus brûlant que le Conseil national examine le durcissement des exigences de fonds propres imposées à UBS.

Le secteur financier représente 12,5% du PIB du canton et un peu plus de 40'000 emplois. 


Consulter les résultats de l'enquête conjoncturelle 2026-2027 sur le site internet de la Fondation Genève Place Financière. 


Lire aussi :

insérer code pub ici