Ces PME romandes qui s’étendent en Suisse alémanique: Pop e Poppa (4 sur 4)

Espace de jeux de la crèche Allegra Erlenbach.
Espace de jeux de la crèche Allegra Erlenbach. DR
Pierre Cormon
Publié dimanche 30 août 2026
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#marchés pop e poppa gère une septantaine de structures de la petite enfance, dont la moitié environ en Suisse alémanique

Pour pop e poppa (créée en 2003 à Aubonne sous le nom d’Amalthée), le développement du marché alémanique s’est imposé comme une évidence, dès le début. L’entreprise gère aujourd’hui une septantaine de structures (crèches et accueil parascolaire) dans toute la Suisse, dont la moitié environ de l’autre côté de la Sarine. Un développement facilité par le fait que l’un des fondateurs, qui s’est depuis retiré, est bilingue.

«Nous avons développé les deux marchés en parallèle», raconte Frédéric Chave, l’autre fondateur, vice-président partenaires stratégiques. «Le marché romand, dans notre domaine, est assez limité. Les crèches publiques prédominent, alors qu’en Suisse alémanique, ce sont les crèches privées.»

Deux modèles

L’entreprise travaille donc selon deux modèles. D’un côté, des structures privées, dont elle supporte le risque économique (surtout côté alémanique). Et de l’autre, des crèches qu’elle exploite sur la base d’une délégation de compétences d’une commune ou d’une entreprise (surtout en Suisse romande). Dans ce cas, la crèche est exploitée par l’association à but non lucratif pop e poppa. L’entreprise du même nom se rémunère en facturant à la structure des honoraires de gestion. La commune ou l’entreprise commanditaire assure une garantie de déficit – indispensable, puisque les tarifs payés par les parents sont bien inférieurs aux coûts réels.

Le fait d’être présent dans une grande partie de la Suisse oblige pop e poppa à maîtriser une multitude de règles cantonales, voire communales. C’est notamment le cas en matière de qualifications. Alors que les cantons romands exigent une proportion substantielle d’employés dotés d’un diplôme tertiaire, les cantons alémaniques exigent plutôt des CFC. Les uns ont souvent une approche plus conceptuelle, les autres plus pratique.

Avec en plus les différences de culture et de langue, une approche centralisée serait vouée à l’échec. «Nous préférons fixer des objectifs» relève Frédéric Chave. «Nous demandons par exemple aux structures parascolaires de développer des projets liés au sport et au plaisir ». Chacune le fait à sa manière.

Le facteur emplacement

Le contrôle du siège porte plutôt sur le respect des normes légales, la gestion des ressources humaines et les aspects financiers. Des francophones suivaient auparavant les crèches francophones et des germanophones les crèches germanophones, depuis Aubonne. L’entreprise a changé de modèle. «Il était très difficile de recruter des collaborateurs germanophones à Aubonne, et comme l’industrie pharmaceutiques les convoitait aussi, les salaires étaient très élevés», explique Frédéric Chave.

pop e poppa a donc déménagé son siège à Fribourg, en 2018. «Les directrices de crèche ne parlent généralement pas l’autre langue», remarque Frédéric Chave. «En revanche, au siège, nous privilégions des personnes qui maîtrisent les deux cultures».

La présence dans deux parties du pays a un grand avantage. «Le modèle privé offre un plus grand potentiel financier», observe Frédéric Chave. «Le modèle de délégation offre en revanche plus de stabilité. Nous nous en sommes aperçus pendant la pandémie de Covid-19: le fait de pouvoir compter sur les crèches que nous gérons sur délégation nous a permis de passer cette période plus facilement.»

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