Industrie genevoise: un conseil inédit pour défendre l’emploi et la compétitivité

Pierre-Alain L'Hôte, Livio Elia, Delphine Bachmann, Yves Defferrard, Sylvia Locatelli, Yan Giroud
Pierre-Alain L'Hôte, Livio Elia, Delphine Bachmann, Yves Defferrard, Sylvia Locatelli, Yan Giroud
Flavia Giovannelli
Publié mercredi 29 avril 2026
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#STRATÉGIE Syndicats et organisations patronales lancent le Conseil de l’industrie genevoise, une gouvernance paritaire inédite pour renforcer l’emploi, les savoir-faire et l’attractivité du canton.

À l’heure où représentants des employés et milieux économiques sont souvent présentés comme antagonistes, l’initiative de faire front commun pour défendre des intérêts communs tranche. Elle débouche sur la création, dès ce jour, d’une nouvelle structure opérationnelle: le Conseil de l’industrie genevoise. Premier organe de gouvernance paritaire du genre, il fonctionnera selon un principe d’unanimité dans ses décisions.
Dans un contexte incertain, si la place industrielle genevoise reste solide, elle doit encore se renforcer pour faire face aux menaces extérieures. Concrètement, cette alliance entre organisations patronales et syndicats entend défendre un secteur qui regroupe notamment la microtechnique, l’horlogerie, la construction spécialisée et certaines activités liées au luxe.

Secteur de poids

«Ce n’est pas une nouvelle déclaration d’intention, mais bien un plan d’action que nous mettons en œuvre dès maintenant», souligne Lino Elia, président de l’UIG et vice-président de l’UAPG. «Cette stratégie s’articule autour de trois piliers: cartographier le tissu industriel genevois; maintenir et développer les savoir-faire; valoriser l’attractivité de la place.»
Avec plus de 27 000 emplois directs et près de 12% du PIB cantonal, l’industrie genevoise reste pourtant relativement peu visible. Son poids est comparable à celui du secteur bancaire.
Du côté syndical, la priorité porte sur l’emploi: «Nous observons une forte anxiété sur le terrain, notamment chez les jeunes, quant aux perspectives professionnelles», relève Yann Giroud, d’Unia. «Nous comptons sur la mise en place d’une cellule de crise paritaire dès cette année pour protéger l’emploi industriel face aux chocs.»
La création du Conseil de l’industrie genevoise vise ainsi à répondre à ces enjeux en s’appuyant sur un réseau de partenaires, tels que les hautes écoles, les centres de recherche, les acteurs de la promotion économique ainsi que l’État de Genève. L’objectif: maintenir la robustesse du secteur et, à terme, inspirer au-delà du canton.

Précurseur

«Je pense pouvoir affirmer que nous sommes précurseurs», s’est réjouie Delphine Bachmann, ministre de l’économie et de l’emploi, présente lors de l’annonce. Cette initiative s’inscrit dans la stratégie économique 2035, adoptée en août dernier, qui fixe la vision du canton pour la prochaine décennie. Elle vise à consolider les piliers historiques tout en soutenant des secteurs émergents à forte valeur ajoutée.
Un enjeu très concret concerne les terrains industriels, qui ne représentent qu’environ 3% de la surface du canton. Au regard de l’importance du secteur, des solutions doivent être trouvées. Le CIG, via la Fondation pour les terrains industriels de Genève (FTI), entend identifier de nouvelles zones adaptées et augmenter ces surfaces de 25%.


Le Conseil de l’industrie genevoise (CIG) en bref

Association paritaire de droit privé, le CIG réunit, côté patronal, l’UAPG (Union des associations patronales genevoises), qui fédère le projet pour l’UIG (Union industrielle genevoise), la FMB (Fédération des métiers du bâtiment, section Genève), le GSV et l’UFGVV pour l’horlogerie. Côté syndical, Unia, premier syndicat interprofessionnel de Suisse et majoritaire dans l’industrie du canton, est partie prenante.
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