Julie Besson fait face au défi générationnel des Rentes Genevoises

Julie Besson, directrice des Rentes Genevoises.
Julie Besson, directrice des Rentes Genevoises. D.R.
Julien Crevoisier / Large Network
Publié lundi 06 juillet 2026
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#Prévoyance La directrice de 56 ans doit adapter l’institution de prévoyance aux attentes d’une nouvelle génération d’épargnants et de retraités. Forte d’un parcours atypique qui l’a menée du Club Med à l’entrepreneuriat, elle entend moderniser l’offre tout en préservant la proximité qui fait la réputation de la maison.

«Nous sommes aux antipodes des files d’attente téléphoniques et des chatbots, et cela ne changera pas.» Depuis son arrivée à la direction des Rentes Genevoises en 2024, Julie Besson doit relever un défi délicat: adapter une institution bicentenaire aux usages numériques d’une nouvelle génération, sans sacrifier la relation de proximité qui fait sa singularité. Avec plus de 21’000 clients, un bilan de 2,53 milliards de francs et une performance de 5,5% en 2024, l’établissement affiche une santé solide. Mais à l’heure où les baby-boomers prennent leur retraite et où les attentes des épargnants évoluent rapidement, la directrice sait que le statu quo n’est pas une option.

À 56 ans, la Genevoise d’adoption souhaite accompagner l’entreprise dans ce virage générationnel. La nouvelle interface numérique actuellement en développement devrait voir le jour en 2027. Son objectif: permettre aux clients qui le souhaitent de gérer leur prévoyance de manière autonome, sans renoncer à l’accompagnement personnalisé qui constitue l’ADN de l’institution. «Il faut que ceux qui veulent gérer leur prévoyance depuis les transports en commun ou depuis leur canapé puissent le faire.» Mais la technologie ne suffira pas. «Il faudra aussi proposer des solutions de prévoyance plus flexibles pour répondre à l’évolution des besoins des épargnants et des retraités.»

Rien ne prédestinait Julie Besson à prendre les commandes d’un acteur historique de la prévoyance genevoise: son parcours professionnel a débuté au Club Med. Après un master en droit à Paris, elle suit son conjoint à Londres. Plutôt que d’entreprendre de nouvelles études de droit anglo-saxon, elle rejoint l’entreprise qu’elle connaît déjà bien. Adolescente puis étudiante, elle avait travaillé comme Gentille Organisatrice (G.O.) durant les vacances scolaires. «Je connaissais parfaitement l’esprit et les codes.» D’abord engagée comme stagiaire au siège londonien, elle saisit rapidement plusieurs opportunités qui lui permettent d’accéder à ses premières fonctions managériales.

En 2007, elle s’installe à Genève avec sa famille. Après un passage dans une entreprise active dans le domaine sportif, elle se lance dans l’entrepreneuriat en créant Time For You Services, une société de conciergerie destinée aux collaborateurs des grandes entreprises. «À l’époque, il n’y avait pas de cantine ni de service de garde parascolaire. Les parents étaient souvent livrés à eux-mêmes et ce sont le plus souvent les femmes qui mettaient leur carrière de côté. Je voulais proposer une solution à ce problème.» Pendant une dizaine d’années, elle développe cette activité avant de céder l’entreprise à un groupe français spécialisé dans le secteur en 2018.

Assurance animalière

L’entrepreneure ne reste toutefois pas longtemps éloignée du monde des affaires. Après un passage chez Becare, une start-up lausannoise active dans l’e-santé, elle prend la direction d’Epona, une assurance spécialisée dans les animaux de compagnie. L’entreprise connaît une forte croissance mais doit composer avec un contexte de marché de plus en plus difficile. «Avec l’explosion des coûts vétérinaires et la hausse de la fréquence des consultations, le marché était devenu trop compliqué pour une petite coopérative uniquement active dans l’assurance animalière.» Pour assurer sa pérennité, Julie Besson choisit alors de s’appuyer sur un partenaire plus solide. Sous son impulsion, Epona est progressivement intégrée à Vaudoise Assurances.

C’est la vision transversale acquise au fil de ses expériences dans les services, l’entrepreneuriat, la santé et l’assurance qui séduira les Rentes Genevoises. Aujourd’hui, Julie Besson met ce parcours atypique au service de la transformation de l’institution. Un défi qui consiste à moderniser les pratiques sans renier ce qui fait le succès de la maison depuis plus d’un siècle: la proximité avec ses clients.

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