Les métiers techniques du bâtiment parlent d’une seule voix
Morgan Tinguely, secrétaire général de l'association CPMBG (métiers techniques du bâtiment), satisfait d'annoncer une nouvelle CCT étendue depuis le 1er juillet.
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Flavia Giovannelli
Publié mercredi 08 juillet 2026
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#CCT étendue
Plus de 650 entreprises bénéficieront d'un texte harmonisé et renforcé, entré en vigueur le 1er juillet 2026.
Le travail a été long, mais il a porté ses fruits. Six associations patronales des métiers techniques du bâtiment et le syndicat Unia sont parvenus à s'entendre sur une nouvelle convention collective de travail (CCT), validée par le Conseil d'État le 20 mai dernier et entrée en vigueur le 1er juillet. Étendue à l'ensemble de la branche, elle concerne plus de 650 entreprises et près de 7000 emplois fixes dans le canton.
«Historiquement, les premières conventions de divers métiers regroupés aujourd'hui au sein de la CCT-MBG remontent à 1938», rappelle Morgan Tinguely, secrétaire général de l'association. «En 2016, nous avons procédé à une grande révision de ces textes afin d'aboutir à une CCT unique et étendue, permettant déjà une application plus fluide des conditions.»
Malgré la pandémie, les partenaires sociaux ont poursuivi le dialogue afin d'actualiser ce socle commun. Les négociations aboutissent aujourd'hui à un texte qui consolide les règles applicables à l'ensemble des métiers du secteur. Celui-ci fixe un cadre unique destiné à protéger les droits des travailleurs tout en garantissant aux entreprises des conditions de concurrence équitables face aux pratiques déloyales et au travail au noir.
Parmi les points les plus sensibles des discussions figurait notamment l'harmonisation des indemnités de repas et de déplacement, jusque-là différentes selon les situations. «Pour parvenir à ce résultat, il faut passer par une négociation politique et faire des compromis. Mais grâce à la confiance mutuelle entre partenaires sociaux, nous avons pu aboutir à un résultat qui satisfait tout le monde», souligne Morgan Tinguely.
Au-delà des minimaux
La CCT-MBG prévoit des salaires supérieurs au minimum cantonal, avec une augmentation du salaire réel mensuel de 20,80 francs par rapport à 2025. Elle confirme une durée hebdomadaire de 40 heures, prévoit des majorations de 25 à 100% pour le travail effectué en dehors des horaires usuels, porte le nombre de jours de vacances de 22 à 32 selon l'âge et l'ancienneté, instaure une assurance perte de gain maladie solidaire et uniformise l'indemnité journalière de repas à 12 francs lors des déplacements sur chantier. Le système de retraite anticipée est pérennisé et les salaires minimaux des apprentis sont revalorisés de 50 à 80 francs par mois selon leur année de formation.
Le président de la Commission paritaire des métiers techniques du bâtiment (CPMBG), José Sebastiao, salue l’esprit constructif des parties qui ont permis des avancées à plusieurs niveaux, salaires minimaux garantis, renforcement de la prévoyance professionnelle et réévaluation des salaires des apprentis. L'extension de la convention permettra en outre d'appliquer les mêmes règles à toutes les entreprises actives dans ces métiers à Genève, y compris celles établies hors canton ou à l'étranger, ainsi qu'aux travailleurs temporaires.
Au-delà des améliorations concrètes qu'elle introduit, cette convention illustre aussi la capacité des partenaires sociaux genevois à trouver un terrain d'entente sur un dossier complexe. Une issue suffisamment rare dans le monde de la construction pour être relevée.
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