Nucléaire: l'impossible dilemme de l'Allemagne

Centrale nucléaire Ohu, en Bavière.
Centrale nucléaire Ohu, en Bavière.
Flavia Giovannelli
Publié vendredi 13 décembre 2024
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#Atome Les débats sur l'atome restent vifs en Allemagne.

Les débats liés à l’abandon de la filière de l’atome restent vifs outre Rhin, alors qu’un scandale ébranle l’exécutif autour de ces questions. Au printemps dernier, le magazine berlinois Cicero a révélé que Robert Habeck, ministre écologiste en charge du département de l’économie et de la transition énergétique, est accusé d’avoir falsifié des rapports pour accélérer la fermeture des centrales nucléaires. La bataille judiciaire a permis aux journalistes de consulter les documents internes des ministres concernés. Ils montrent que le ministre et de hauts fonctionnaires de son département ont ignoré ou étouffé les conclusions de leurs propres experts pour ne pas mettre en danger la sortie planifiée de l’énergie nucléaire.

Parallèlement, une étude menée par l’Université norvégienne des sciences et de la technologie, publiée dans la revue International Journal of Sustainable Energy, se montre implacable sur les résultats de la sortie du nucléaire de l’Allemagne. Selon ses calculs, si l’Allemagne avait maintenu son parc nucléaire de 2002 au lieu de fermer progressivement ses centrales, elle aurait économisé six cents milliards d’euros. De plus, toujours selon l’analyse norvégienne, si l’Allemagne avait investi dans de nouvelles installations au lieu de se lancer dans une course aux renouvelables trop coûteuse, elle aurait économisé trois cents milliards d’euros supplémentaires et aurait presque atteint à l’heure actuelle son objectif de neutralité carbone.

Depuis lors, les Verts ne sont pas restés sans réagir sur le sujet, critiquant à leur tour les critères retenus par l’étude norvégienne. Depuis leur lourde défaite aux élections européennes de juin dernier, le camp adverse et les milieux de l’industrie plaident pour un redémarrage. Toutefois, de nombreuses questions se posent sur le plan technique, puisque plusieurs de ces centrales ont déjà entrepris un nettoyage de leurs installations. La question de la rentabilité de ce retour de manivelle reste brûlante. Avec un mouvement antinucléaire bien ancré, mais une opinion publique qui change depuis la crise en Ukraine, l’Allemagne n’est pas près de trouver un consensus sur la question de l’atome.

Pour les pays voisins confrontés aux mêmes questions, son exemple reste édifiant.

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