#Anti-infectieux
L'entreprise genevoise exporte ses anti-infectieux préventifs dans une centaine de pays. Prochaine étape: obtenir l’approbation des autorités américaines pour s’étendre aux Etats-Unis.
Stimuler les défenses immunitaires pour prévenir les infections, c’est la stratégie gagnante d’OM Pharma, une entreprise biopharmaceutique fondée en 1930 et installée à Genève depuis 1937.
Pionnière des solutions immuno-préventives, l’entreprise a développé deux médicaments, le Broncho-Vaxom et l’Uro-Vaxom, à base de lysats bactériens. Ce sont des fragments de bactéries inoffensifs qui activent le système immunitaire et le préparent à mieux se défendre contre certaines infections d’origine bactérienne ou virale. «L'objectif est de limiter les infections à répétition, en particulier chez les personnes vulnérables», résume Roch Ogier, directeur général. En plus des lysats bactériens, synthétisés dans ses locaux de Meyrin, à Genève, OM Pharma fabrique également le Doxium et le Dicynone, deux médicaments agissant sur le système cardio-vasculaire. À travers ces quatre produits phares, l’entreprise touche près de 16 millions de personnes à travers le monde.
Trou d’air en 2023
L’approche immuno-préventive paraît séduisante au premier abord, mais rencontre encore des réticences en bout de chaîne. «La prévention implique de traiter un problème que ni le patient ni le médecin ni les assurances n’ont encore constaté. Certains se montrent peu enclins à agir. Pourtant, tout le monde s’accorde sur le fait qu’il vaut mieux prévenir que guérir.» Médecin de formation, Roch Ogier occupe des postes à responsabilité dans la pharma depuis près de 20 ans. Il est passé par Sanofi-Aventis, Vifor et Novartis.
Le Genevois compte aujourd’hui renforcer l’adoption des médicaments d’OM Pharma à travers l’éducation médicale et les données cliniques. En juin 2026, les résultats d’une étude menée sur plus de 15'000 patients concluent à une réduction du nombre d’infections respiratoires chez les utilisateurs de Broncho-Vaxom. «C’est un résultat significatif.»
Acquise par le géant Vifor en 2009, l’entreprise est rachetée une seconde fois en 2020 par Optimus Holding, une société d’investissement pilotée par Etienne Jornod, pour 435 millions de francs. Le Neuchâtelois, connu pour être passé d’apprenti à PDG chez Galenica et avoir redressé le quotidien zurichois NZZ en misant sur le numérique, est aujourd’hui président du conseil d’administration d’OM Pharma.
L’entreprise affiche désormais une croissance continue. «Depuis la reprise en 2020, plus de 200 emplois ont été créés et la société demeure profitable. Elle se trouve sur une trajectoire de croissance solide et durable.» Une seule ombre au tableau: plusieurs dizaines de licenciements en 2023, après que l'entreprise a revu ses ambitions d’exportations vers la Chine et la Russie dans le contexte du covid et de la guerre en Ukraine. Un trou d’air passager: en 2025, OM Pharma annonce 200 millions de francs de chiffre d’affaires pour 422 salariés.
Fondée à Barcelone, l’entreprise bénéficie d’un ancrage de longue date en Amérique latine et possède une filiale à Lima au Pérou. L’objectif est désormais de s’étendre aux Etats-Unis, où OM Pharma espère commercialiser le Broncho-Vaxom à l’horizon 2032, au terme de la procédure d’approbation par la FDA, l’agence américaine pour les médicaments. «Nous attendons les résultats de la phase 2 d’ici la fin de l’année 2026, et un lancement de la phase 3 en 2027.»
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