Une campagne nationale veut renforcer l’acceptation du tourisme au sein de la population et sensibiliser les hôtes à des comportements respectueux.
SuisseTourisme
Miroslaw Halaba
Publié jeudi 23 avril 2026
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#Tourisme
La branche touristique doit repenser sa place dans son environnement physique et social. Tenu à Zermatt, le rendez-vous annuel des professionnels du tourisme suisse a mis l’accent sur cette question.
«Le tourisme doit être un bon voisin». Ces mots, prononcés ces derniers jours à Zermatt par le directeur général de Suisse Tourisme (ST), ont donné le ton aux assises annuelles que la plateforme nationale de marketing touristique organise sous le nom de Connect Switzerland, précédemment Journée suisse des vacances». S’adressant à quelque mille représentants de la branche, Martin Nydegger a expliqué, sans ambages, que le tourisme se trouve à un tournant et qu’il doit «trouver et définir sa place dans la société». Les bonnes performances réalisées ces dernières années ont en effet générés des pressions sur l’environnement et sur les populations locales qui, avec le temps, sont devenues trop fortes. «Le tourisme doit assumer la responsabilité de son succès et de ses conséquences», a dit le directeur de ST. Pilier de l’économie helvétique, la branche doit certes grandir, mais de manière responsable, sans dépasser certaines limites. Celle-ci n’exerce pas ses activités dans des bâtiments «sans fenêtres», mais dans l’espace public qui appartient à tous.
Des instruments de gestion
Alliant la parole aux actes, les responsables touristiques, menés par ST et Regional Tourism Alliance (l’association des directeurs des 13 régions touristiques du pays), ont conçu une campagne destinée à renforcer l’acceptation du tourisme au sein de la population et à sensibiliser les visiteurs à des comportement respectueux. Privilégiant des messages «positifs», accueillants plutôt que moralisateurs, une boîte à outils offre gratuitement aux acteurs de la branche divers supports de communication. Des modules, adaptés à différentes situations pratiques, montrent des pistes et des bonnes pratiques.
Pour l’heure, une vingtaine de partenaires ont annoncé leur participation à l’exercice. Baptisée Travel with care. Leave with memories. la campgane s’intègre dans la stratégie Travel Better, déployée l’an passé, qui a pour objectif d’«amener les bons hôtes au bon endroit et au bon moment». Certaines destinations ont d’ailleurs déjà empoigné le taureau par les cornes pour y arriver, à l’image d’Interlaken Tourisme. Comme l’a expliqué son directeur, Daniel Sulzer, l’office a mis en service une application qui définit les zones à visiter, celles qui doivent être épargnées ou qui demandent un respect particulier, que ce soit à l’égard de la population ou de la nature.
Repenser l’hiver
Thème de l’un des ateliers organisés à Zermatt, la «Boussole neige», lancée l’an passé, aide aussi les destinations de montagne à organiser leur tourisme de manière plus efficiente et respectueuse. Présentée sous la forme d’un guide, «étayé scientifiquement», elle suggère des stratégies et des moyens pour gérer l’activité hivernale dans un contexte de changement climatique. Une enquête effectuée auprès des participants à l’atelier a montré que les préoccupations clés des stations – celles qui peuvent encore compter sur des chutes de neige – tournent actuellement autour de la diversification des activités, de l’enneigement mécanique et du financement des transformations à mener à bien.
Quelques solutions: préparer les pistes autrement, optimiser les surfaces skiables ou promouvoir les séjours au-dessus du brouillard.
Le «réel, une nouvelle rareté»
Désormais omniprésente, l’intelligence artificielle s’est aussi invitée à l’événement. S’exprimant sur ce thème, Miriam Meckel, journaliste allemande et professeure de communication à l'Université de Saint-Gall, a expliqué que «le réel» est devenu la «nouvelle rareté». Pour elle, l’IA apporte «d’immenses» avantages à l’organisation du travail, et il faut pleinement en profiter. Mais, la technologie présente aussi des inconvénients et des dangers, car l’authenticité, le sentiment du vécu, qui sont au cœur de l’expérience touristique, restent l’apanage de l’humain.
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