Véronique Kämpfen
Rédactrice en chef
Publié vendredi 16 janvier 2026
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Depuis l’âge de 15 ans, je travaille. Mes premiers jobs ont été des expériences dans la vente de détail, aiguisant très tôt mon sens de la mode et de la relation client. Plus tard, universitaire, j’ai eu des jobs permanents à côté de mes études – enseignante, hôtesse au check-in, vendeuse de chaussures – payés comme des premiers emplois, puisque les entreprises comptaient sur un engagement durable de ma part. Mais j’ai aussi toujours continué à faire des jobs d’appoint pendant les vacances d’été, comme téléphoniste ou femme de chambre. Ils étaient précieux pour amener un petit complément à mon budget.
Si je vous parle de cette tranche de vie, c’est qu’elle m’a beaucoup apporté. Elle a permis des premières expériences dans le monde du travail, la découverte de secteurs très diversifiés, la capacité à m’intégrer rapidement dans de nouvelles équipes et des contacts avec des clients de tous horizons. En termes de réseau et d’employabilité, ces jobs ont été extrêmement précieux lorsqu’il a fallu trouver un premier «vrai» emploi après mes études.
Aujourd’hui, à Genève, il est devenu de plus en plus difficile pour les jeunes de trouver des jobs d’été pendant les vacances scolaires ou universitaires. Et c’est dommage. Cela les empêche non seulement d’accéder à un revenu d’appoint mais aussi de faire leurs premières armes dans le monde du travail. En cause: le salaire minimum. à près de 25 francs de l’heure, les entreprises rechignent à engager des jeunes sans expériences, qui ne resteront que quelques semaines. C’est compréhensible. Forte de ce constat, j’ai déposé un projet de loi, en ma qualité de députée au Grand Conseil, pour faire bouger les lignes. Nous voterons à ce sujet le 8 mars. L’idée est simple. Les étudiants immatriculés dans un établissement de formation reconnu, exerçant une activité rémunérée durant les vacances scolaires et universitaires pour une durée maximale de 60 jours par année, pourront être engagés à 75% du salaire minimum. Bien sûr, celles et ceux qui ont un contrat de plus longue durée continueront à être payés au salaire minimum. Il n’y a donc pas de risque de dumping salarial. Voter en faveur de cette proposition le 8 mars, c’est faire preuve de bon sens.
Cet édito, à la teneur un peu personnelle, sera aussi mon dernier. Après avoir eu l’honneur de reprendre la rédaction d’Entreprise romande il y a seize ans et de créer le département de communication de la FER Genève, j’ai décidé de tourner la page de cette très belle aventure professionnelle pour explorer de nouvelles pistes. Toutes ces années à dialoguer avec vous, amies lectrices et amis lecteurs, fut un privilège. Vos gentils messages mais aussi vos coups de gueule ont toujours été reçus cinq sur cinq. Ils ont à chaque fois été le début d’un dialogue très apprécié. Soyez-en remerciés. Je souhaite longue vie à Entreprise romande et beaucoup de plaisir aux équipes qui continueront à vous informer avec passion sur l’actualité de la vie des entreprises!
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