WorldSkills 2026: un talent genevois vise l’or à Shanghai
Eliott Vadi fait partie des 42 jeunes Suissesses et Suisses sélectionnés pour les Worldskills, du 22 au 27 septembre prochain.
Swissskills
Steven Kakon
Publié jeudi 03 septembre 2026
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#Joaillerie
À 22 ans, Eliott Vadi s’apprête à représenter la Suisse aux Jeux Olympiques des métiers dans l’épreuve de bijouterie-joaillerie, fin septembre. Portrait d’un jeune candidat pour qui la précision du geste est devenue une vocation.
Démonter, réparer, refabriquer à sa manière. Chez Eliott Vadi, comprendre un objet passe par les mains. Genevois de toujours, le jeune homme de 22 ans traverse l’école primaire puis le Cycle d’orientation sans étincelle particulière, si ce n’est cette manie, depuis tout petit, de «bidouiller» dans sa chambre. «Un jour, j’ai voulu redresser une bague tordue», se remémore-t-il, sourire aux lèvres. Sans grand succès, à l’époque. Il faudra attendre quelques années pour qu’une bague sorte de ses mains: sa toute première création.
Quand vient l’heure de choisir sa voie, une certitude s’impose: ni le collège, ni l’école de culture générale ne sont faits pour lui. Ce sont des stages en métiers manuels qui lui révèlent la bijouterie-joaillerie dont il a obtenu le CFC (en quatre ans) il y a trois ans. Il trouve dans ce métier tout ce qu’il cherche: la précision du geste, l’exigence technique, et cette fascination presque Kakonenfantine pour «les beaux objets».
Une fascination couplée à une détermination qui le mène droit à la victoire des SwissSkills 2025, étape qui le propulse vers les WorldSkills, du 22 au 27 septembre prochain à Shanghai, en Chine. Une sorte de Jeux olympiques des métiers. Parmi les 42 jeunes Suissesses et Suisses sélectionnés, c’est lui qui portera les couleurs du pays dans le domaine de la bijouterie. «C’était beaucoup d’émotions d’un coup», souffle-t-il.
De nombreux métiers
Organisée tous les deux ans, cette compétition internationale rassemble des jeunes talents venus du monde entier, qui s’affrontent chacun dans leur discipline: bijouterie-joaillerie, menuiserie et ébénisterie, coiffure, mécanique, technologie automobile, robotique mobile, cuisine, maçonnerie, cybersécurité, web design et développement, esthétique et soins, et bien d’autres encore. Seule condition de participation: ne pas avoir plus de 22 ans l’année de la compétition.
Pour Eliott Vadi, l’épreuve s’étalera sur quatre jours et consistera à reproduire un dessin technique à travers quatre modules (un par jour), avant un assemblage final le dernier jour. Un module «design» laissera, lui, place à la créativité pure, une partie esthétique à inventer de toutes pièces, avec un carnet de croquis qui doit montrer une évolution du concept. Lors d’une précédente édition, le thème imposé était un masque africain. Pour nourrir la pièce, «je me serais sûrement inspiré de l’architecture africaine pour le design», illustre Eliott Vadi.
Pour se donner toutes les Shanghaichances de briller, Eliott peut compter sur son employeur, le bijoutier Alain Hirt. «Il m’offre des vendredis pour m’entraîner.» Une partie de ses week-ends y passe aussi, en compagnie de son coach des SwissSkills, Ludovic Lesemann. Depuis environ dix mois, il consacre ainsi de 10 à 12 heures par semaine à sa préparation et apprend à dompter le stress pour en faire un moteur plutôt qu’un frein. «C’est un concours de vitesse, avec des techniques de fabrication anciennes», résume Ludovic Lesemann, avant de préciser: «Eliott travaille à la main, mais personnellement, je créé à l’ordinateur». L’explication? «En Suisse, tout coûte tellement cher qu’on doit composer avec les technologies disponibles. Par exemple, on imprime la pièce dans une poudre de métal lorsque l’on travaille en titane. Beaucoup de grandes marques conçoivent déjà leurs produits à l’ordinateur», répond-il.
Dans de nombreux pays, les candidats s’entraînent à temps plein pour décrocher l’or aux WorldSkills, alors que les Suisses jonglent entre travail et préparation. Un handicap? Pas vraiment, sourit Ludovic Lesemann: «Les Suisses, en tant que nation, arrivent toujours dans les premiers.» Verdict fin septembre. Eliott Vadi s’envolera pour Shanghai quelques jours avant le coup d’envoi, histoire de digérer le décalage horaire.
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