"Chaque année, nous devons résister à la tentation" (Optimiser sa trésorerie 3 sur 3)

Un entrepreneur décritson approche
Un entrepreneur décritson approche
Pierre Cormon
Publié jeudi 14 novembre 2024
Modifié mercredi 16 septembre 2026
Lien copié

#conseils pratiques L'entrepreneur Daniel Ribbi raconte comment il gère sa trésorerie avec une vue sur l'année

Chaque début d’année, Daniel Ribbi, fondateur de la société de services et courtage en assurances Solveo, doit résister à la tentation de trop dépenser. Les courtiers ne facturent en effet pas toujours directement leurs services à leurs clients. Ils sont rémunérés par les compagnies d’assurance, qui leur versent un pourcentage fixe sur les primes des assurés qu’ils gèrent. «Ces commissions sont versées sur la base du mode de paiement des primes de notre clientèle. Environ 70% de ces revenus sont versés entre le mois de janvier et celui de mars» précise Daniel Ribbi.

Solveo termine son premier trimestre avec ses comptes en banque bien garnis. La tentation est alors grande de procéder à des dépenses extraordinaires: engager du personnel, terminer les travaux consécutifs au déménagement de la société, renouveler du matériel, etc. Le risque est de se montrer trop dispendieux et de terminer l’année à court de liquidités. Car si les rentrées sont concentrées dans le temps, une grande partie des dépenses est récurrente au long de l’année: loyers, salaires, charges sociales, notamment.

Gérer ce déséquilibre requiert une planification financière rigoureuse. «Le maître-mot, c’est l’anticipation», souligne Daniel Ribbi. «Il faut vraiment être attentif pour ne pas laisser une dépense imprévue déséquilibrer la société.» Un budget est établi d’année en année, avec les prévisions de rentrées et de dépenses et un plafond établi pour chaque compte.

Que se passe-t-il si l’un d’eux est dépassé? «On repousse d’autres dépenses», répond-il. «On ajournera peut-être des travaux, le renouvellement du mobilier ou un engagement. Ce n’est qu’en fin d’année que nous voyons si nous avons bien géré notre budget.»

Daniel Ribbi a beaucoup appris au contact des banques et de la Fondation d’aides aux entreprises, qui l’ont accompagné dans la création de son entreprise et dans la reprise d’une autre. «Ils vous demandent des chiffres et vous forcent à vous poser des questions qui ne vous seraient peut-être pas venues à l’esprit, ou pas tout de suite. Ils vous rendent par exemple attentif à la différence entre comptabilité et liquidités: une créance est comptabilisée comme un actif, mais l’argent n’est pas forcément en caisse. Une charge comptabilisée, à l’inverse, ne donne pas toujours immédiatement lieu à une dépense.»

En réfléchissant à son parcours, le chef d’entreprise est convaincu de l’importance de la comptabilité. «Je m’en occupe moi-même, car cela me donne une connaissance beaucoup plus fine de la manière dont mon entreprise fonctionne que si j’avais délégué cette activité», estime-t-il. «Je suis approché de temps en temps par des entrepreneurs qui veulent vendre leur société. Quand elle va mal, je constate que, souvent, ils ne se sont pas intéressés suffisamment à cette question.» A bon entendeur.


Article précédent: Optimiser sa trésorerie: conseils de spécialistes (2 sur 3)

insérer code pub ici