Genève, 7e canton le plus attractif, est plombé par sa fiscalité

Un nouvel indicateur d'attractivité économique permet de comparer pour la première fois les 26 cantons à partir de données objectives et mesurables.
Un nouvel indicateur d'attractivité économique permet de comparer pour la première fois les 26 cantons à partir de données objectives et mesurables. Pexels
Steven Kakon
Publié mardi 15 septembre 2026
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#Publication Genève arrive au 7e rang du nouvel indicateur d'attractivité de l'Institut CREA d'économie appliquée. Le canton brille par son marché du travail et sa capacité d'innovation, mais sa fiscalité, ses finances publiques et ses infrastructures pèsent sur son classement.

Dans quels domaines Genève est-il un canton performant? Où perd-il du terrain? Où se situe-t-il par rapport aux autres cantons? Et quels leviers actionner pour préserver sa capacité à créer de la valeur, attirer des investissements, développer des entreprises et offrir des emplois?

Ces questions ne cessent de préoccuper la Fondation pour l'attractivité du canton de Genève (FLAG) dans un contexte de concurrence mondiale, mais aussi intercantonale, de plus en plus vive. Mandaté à cet effet, l'Institut CREA d'économie appliquée de la Faculté des HEC de l'Université de Lausanne, dévoile ce 15 septembre un nouvel indicateur d'attractivité économique permettant de comparer pour la première fois les 26 cantons à partir de données objectives et mesurables. «Nous avons voulu mettre en lumière les forces et les fragilités du canton, ainsi que leur évolution dans le temps», déclare Gilbert Ghostine, président de la FLAG, devant la presse.

Cinq piliers


L’indicateur repose sur cinq dimensions: «Innovation et croissance», «Attractivité du marché du travail», «Qualité des infrastructures», «compétitivité fiscale et budgétaire» et «durabilité et sécurité». «La performance d’un territoire résulte des interactions entre ces cinq piliers fondamentaux», explique Mathieu Grobéty, économiste et directeur exécutif de l’Institut CREA. Cette approche fait écho à une enquête menée par la FLAG en 2025 auprès de 88 chefs d'entreprise, qui avait mis en évidence les atouts de Genève (qualité de vie élevée, système international unique, main-d'œuvre hautement qualifiée), mais aussi ses freins: fiscalité, mobilité, lourdeur administrative et insécurité. Mathieu Grobéty s’est ainsi attelé à vérifier si les données objectives confirment ce ressenti exprimé par les entrepreneurs.

Résultat: Genève arrive au 7e rang de ce classement, avec un score légèrement au-dessus de la moyenne nationale. Ses principaux rivaux étant Zoug, Bâle-Ville, Vaud et Zurich (graphique ci-dessous). 

 
 

Innovation et emploi: les points forts

 
Sur le plan de l'innovation et de la croissance, Genève se hisse au 5e rang, porté par une population active hautement qualifiée, une forte capacité à créer de nouvelles entreprises et des exportations sophistiquées. Le marché du travail reste toutefois le principal atout du canton: il le propulse à la 3e place, grâce à des salaires parmi les plus élevés de Suisse et à une réelle capacité à attirer et retenir les talents.

 
 

Fiscalité et budget: Genève en dernière position


Le bât blesse du côté des infrastructures, où Genève ne pointe qu'au 10e rang. En cause: une pénurie de logements parmi les plus marquée du pays, un taux de vacance très bas, des prix immobiliers élevés et des délais d'obtention de permis de construire pouvant atteindre une année, contre une centaine de jours dans le canton de Vaud. Le bilan n'est cependant pas uniformément négatif: Genève se classe 2e pour la desserte en transports publics et 2e également pour son accessibilité aérienne. 

C'est sur le terrain fiscal et budgétaire que le canton décroche en occupant la dernière place du classement national. «Il y a un mauvais équilibre fiscal à Genève avec une forte charge fiscale qui finance un secteur public de grande taille et peu efficace.», résume Mathieu Grobéty. À l'origine de ce déséquilibre: «un niveau de dépenses publiques élevé, qui exige des impôts tout aussi élevés pour éviter de creuser la dette». Le système repose sur 1% des contribuables qui assurent à eux seuls un tiers des recettes fiscales. Quant à l'efficience de la dépense publique, elle laisse à désirer: «pour un franc dépensé, le canton offre moins de prestations que ses homologues.» 

 
Enfin, selon les projections de l'Institut CREA, les émissions devraient continuer à diminuer d'ici à 2050, sans toutefois permettre d'atteindre la neutralité carbone. Le rapport met également en évidence le rôle de la sécurité parmi les facteurs qui contribuent à l'attractivité du canton. Si les infractions reculent, l'augmentation des violences graves observée depuis 2019 maintient Genève parmi les cantons les moins bien classés sur cette dimension en comparaison intercantonale. 

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