Baisser les coûts des crèches, c'est possible, montre une entrepreneuse (Crèches 2/4)
Noémine Benhamou a ouvert huit crèches en trois ans
François Wavre
Pierre Cormon
Publié lundi 22 juin 2026
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#Crèches
Noémie Benhamou a créé huit crèches en quatre ans en Suisse romande, presque sans subventions. Elle ne compte pas s'arrêter en si bon chemin
Difficile d'ouvrir une crèche privée en Suisse romande? Pas pour Noémie Benhamou. L'en¬trepreneure, déjà à la tête des fitness pour enfants Bubbles Kids Club, a créé la première crèche Bubbles il y a trois ans. Sept autres s'y sont depuis ajoutées, dans les cantons de Genève, de Vaud et de Fribourg.
La première structure a ouvert en été 2023 dans le nouveau quartier de Belle-Terre (Thônex). «Nous tablions sur un retour sur investissement en quatre ans, et il a été plus rapide», relève Noémie Benhamou. Depuis, les ouvertures se succèdent.
Quel est son secret, alors que de nombreuses crèches pri¬vées sont en grande difficulté? «Nous optimisons tout.» Les normes constituent un point de départ plutôt qu'un obstacle. Elles prescrivent par exemple des surfaces et des taux d'en-cadrement très précis. Tout l'art consiste à calculer l'optimum, celui qui permettra de respecter les règles à la lettre et au meil¬leur coût. «Je pars toujours des chiffres», résume Noémie Benhamou.
Investisseurs
L'approche permet de limiter aussi bien les frais d'investis¬sements que ceux de fonc¬tionnement et d'attirer des investisseurs. Leur apport est indispensable, car la création d'une structure d'une trentaine de place coûte de 800 000 à un million de francs.
Les aides publiques aux crèches privées, en revanche, sont minces – seule la Confé¬dération subventionne les nou¬velles places jusqu'à fin 2026. Qu'à cela ne tienne. Bubbles a obtenu le soutien de promo¬teurs immobiliers, pour lesquels la présence d'une crèche rend les logements voisins plus at¬tractifs. Des banques ont aussi avancé la moitié des fonds.
Gagnant-gagnant
Bien que non subvention¬née, Bubbles coopère étroi¬tement avec les collectivités publiques. L'entreprise signe des conventions de partena¬riat avec des communes et leur réserve une partie des places – 40% du total. C'est la commune qui choisit les bénéficiaires et détermine le montant qu'ils doivent payer, selon ses propres barèmes. Bubbles, elle, se fait rémuné¬rer 42 000 francs par an et par place à plein temps. C'est sen¬siblement moins que le coût de fonctionnement total d'une place de crèche publique en Ville de Genève (50 000 francs par an) et à Lancy (56 000). La commune prend en charge la différence entre cette rému¬nération et le prix payé par les parents.
Pour les communes, c'est tout bénéfice. Elles laissent le soin d'investir, de gérer et d'assu¬mer le risque entrepreneurial à Bubbles, mais bénéficient de places à un coût avanta¬geux. Pour Bubbles, cela per¬met d'accueillir des enfants de parents qui n'auraient pas eu les moyens de payer les 42 000 francs annuels d'une place à plein temps non subventionnée.
Le fonctionnement interne est souple. «Les crèches Bubbles ont une trentaine de places», raconte Laure Grandchamp, directrice de la crèche de Belle- Terre. «C'est nettement moins que les crèches publiques dans lesquelles j'ai travaillé. Les circuits de décision sont très courts. Quand je voulais monter un projet dans le public, il devait être validé par la direction, puis par la strate supérieure. Cela prenait beaucoup de temps. Ici, du moment qu'il entre dans l'enveloppe, tout va très vite.»
Des projets, Noémie Benha¬mou en a encore. Elle compte créer une vingtaine de crèches dans toute la Suisse ces quatre prochaines années. Elle aime¬rait créer des clubs réunissant crèches, fitness pour enfants et prestations paramédicales. Puis, dans quelques années, se lancer dans le marché des personnes âgées. «J'ai plein d'idées», s'exclame-t-elle. On la croit sur parole.
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