Canicule: les heures manquées pourront être rattrapées

Pierre Cormon
Publié vendredi 17 juillet 2026
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#Genève Des employés exposés au soleil ont dû cesser leur activité en extérieur après 13 heures. Leur employeur peut leur demander de les rattraper, estime l’UAPG.

De nombreuses activités économiques ont dû être interrompues du lundi 13 au mercredi 15 de 13 heures au coucher du soleil, en raison de la canicule. C’est notamment le cas des chantiers, lorsque les travailleurs y étaient exposés au soleil.

Les heures manquées sont-elles tout simplement perdues? «Les employeurs pourront en principe demander aux travailleurs de les rattraper», répond Pierre-Alain L’Hôte, président de l’Union des associations patronales genevoises (UAPG). «La mesure a en effet été décrétée par le canton. Un peu comme pendant la période du Covid, quand certaines activités ont été suspendues. On n’est pas du tout dans le même cas de figure que si une panne technique interne de l’entreprise empêche les collaborateurs de travailler.»

Décision étatique

Dans ce dernier cas, il s’agit d’un problème d’organisation, qui fait intégralement partie du risque économique de l’entreprise. Les heures de travail que les employés n’ont pas pu effectuer n’ont pas à être rattrapées. Dans le cas de la canicule, il s’agit d’une décision étatique, s’appliquant à toutes les entreprises. Ce n’est pas à elles d’en supporter le coût économique. Elles pourront donc demander aux employés de rattraper les heures perdues dans un délai raisonnable, sans supplément de salaire, estime l’UAPG. Cette possibilité est prévue par la Loi sur le travail (art. 11), qui l’appelle travail compensatoire.

«Il est interdit de compenser plus de deux heures par jour et par travailleur, y compris le travail supplémentaire, sauf pendant les jours ou demi-journées ordinairement chômés. », précise la loi.

«Mais attention, il ne s’agit que d’un principe général!», prévient David Ternande, juriste au Service d’assistance juridique et conseils (SAJEC) de la FER Genève. «Chaque cas nécessite une analyse personnalisée. Une convention collective ou un règlement du personnel peuvent déjà prévoir des règles spécifiques, comme d’une compensation horaire ou d’une imputation sur des heures variables. Il convient aussi d’être attentif aux particularités des différentes branches. Dans le secteur des parcs et jardins, par exemple, certaines activités peuvent être réalisées dans des zones ombragées ou dans des conditions qui ne correspondent pas nécessairement aux situations visées par l'interdiction. Les entreprises doivent donc pouvoir apprécier concrètement, en fonction des circonstances, quelles activités sont effectivement concernées.»

Le SAJEC est à disposition des entreprises membres de la FER Genève qui désireraient effectuer une telle analyse.

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