«Contrairement à ce que l’on entend sur la place publique, notre industrie dépend aujourd’hui très peu du pétrole», affirme Philippe Cordonier, directeur romand de Swissmem, la faîtière de l’industrie des machines. Sa consommation a reculé de 93% depuis 1990 et ne représente plus que 3,8% du mix énergétique.
Résultat: la hausse du prix du pétrole brut a un impact limité sur la branche. «L’électricité (57%) et le gaz naturel (31%) dominent désormais, avec des processus nettement plus efficaces», précise-t-il. Le véritable point de tension se situe ailleurs, c’est-à-dire en matière de gaz naturel, qui couvre près d’un tiers des besoins énergétiques de l’industrie. Sa hausse affecte directement les entreprises grandes consommatrices, notamment dans la métallurgie, où des températures élevées sont indispensables.
Au-delà de l’énergie, les effets indirects se multiplient. La hausse des carburants renchérit les coûts de transport et de logistique, avec des tarifs en augmentation dans le fret maritime et aérien. Le prix du gaz peut également se répercuter sur celui de l’électricité en Europe, accentuant la pression sur les coûts de production. Mais le principal défi reste l’incertitude. «Le contexte géopolitique freine les investissements à l’échelle mondiale», s’inquiète Philippe Cordonier. Cette prudence pèse directement sur la demande en biens d’équipement, un segment clé pour l’industrie suisse. Dans ce contexte, plusieurs facteurs apparaissent déterminants: l’évolution des prix du gaz naturel, les coûts de transport, ainsi que le niveau de la demande internationale.
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