La culture, un moteur de l'engagement entrepreneurial
Gauthier Corbat
Groupe Corbat
Miroslaw Halaba
Publié lundi 07 septembre 2026
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#Rentrée des entreprises FER Arcju
DDes oeuvres d'art et des entreprises? Le jurassien Gauthier Corbat, entrepreneur jurassien phare, membre de la FER-Arcju, a tenu l'assemblée en haleine avec son discours à la Rentrée des entreprises de la FER Arcju.
Des tableaux de Mondrian, de Picasso ou d’Ambrogio Lorenzetti: ce sont des œuvres d’art de diverses périodes que Gauthier Corbat a utilisées pour illustrer l’exposé qu’il a présenté, il y a quelques jours, à la Rentrée des entreprises de la FER-Arcju, au Noirmont (JU). L’endroit se prêtait au thème choisi, puisque l’événement s’est déroulé à l’ancienne église St-Hubert, devenue un espace culturel en 2009. Le codirecteur du Groupe Corbat – cinq entreprises spécialisées dans la revalorisation du bois, dont le siège est à Vendlincourt – a cherché à montrer que la culture est un «moteur de l’engagement entrepreneurial». Historien de l’art à l’origine, il avait les bons mots pour le faire. Pour lui, l’art développe des qualités qui sont essentielles à l’entrepreneur, car elles lui permettent de voir le monde autrement. Cinq notions résument, à ses yeux, cet apport de la culture à l’entrepreneuriat.
Regarder, interpréter, innover
Parmi ces notions, le regard. Deux coqs réalisés par Picasso – l’un figuratif et propre à son image, l’autre caricatural – incitent le spectateur à se poser des questions qui vont au-delà du simple «j’aime ou je ne n’aime pas». Pourquoi ces deux versions? L’entrepreneur n’est pas loin. Il doit voir ce que d’autres ne voient pas encore, capter une différence, comprendre les formes. Deux personnes peuvent regarder le même marché, mais elles peuvent le voir différemment. «L’entrepreneur n’a pas de mode d’emploi pour appréhender une réalité», observe Gauthier Corbat. Tout doit être interprété: le départ d’un collaborateur, l’évolution technologique, les comportements des clients. Un plan de la cathédrale Notre-Dame de Paris à l’appui, l’entrepreneur parle de transmission. Des générations successives ont travaillé sur cet édifice, reprenant ce qui a été fait, modifiant ce qui doit l’être. Transmettre n’est pas conserver à l’identique, dit-il. Autre notion: l’innovation. Elle ne vient pas de rien, elle ne naît pas de l’ignorance de ce qui a précédé. Pour transformer un métier, il faut le comprendre. Enfin, le temps long. Les biens culturels rappellent que nous sommes inscrits dans une histoire qui a commencé avant nous, ce qui doit nous inciter à nous demander ce qui doit être repris pour qu’elle dure.
L’entreprise, un acteur territorial
Que retenir de tout cela? Que l’entreprise peut ou doit, comme une œuvre d’art, être regardée sous toutes ses facettes. Celle-ci n’est pas qu’une organisation économique, mais une communauté humaine, un acteur territorial, le dépositaire d’un héritage. Et Gauthier Corbat de citer son groupe d’entreprises qui, par son travail, son savoir-faire, son histoire, participe «à la vie de sa région». En sciant bénévolement des poutres en chêne destinées à la reconstruction de la flèche de la cathédrale Notre-Dame à Paris, il a soigné son image, mais aussi celle du canton. Il le fait aussi lorsqu’il récupère des anciennes traverses de chemin de fer pour en faire des parquets de luxe pour des chalets huppés. Présentée aussi au Noirmont, une fresque du XIVème siècle d’Ambrogio Lorenzetti, intitulée «Les effets du bon gouvernement» et représentant des gens qui dansent dans les rues de Sienne, n’illustre-t-elle pas avec éloquence le rôle que l’entreprise joue dans le «bon fonctionnement d’un Etat »? Quelques projets régionaux à vocation culturelle montrent bien l’engagement des entreprises dans la vie commune. Certes, tous n’ont pas réussi, comme le projet de revalorisation de l’ancien mur de la décharge chimique de Bonfol. Mais, il y en a aussi qui sont en passe de se réaliser. Et Gauthier Corbat de citer le déplacement du pavillon Jura-24 de Delémont à Porrentruy afin d’en faire un espace de restauration et de rassemblement ou encore la sauvegarde d’une ancienne usine de pierre fine à Vendlincourt destinée à devenir un lieu socio-culturel.
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