La vallée où l’on prépare l’alimentation de demain (alimentation 1 sur 4)
Une plateforme encourage l'innovation dans le domaine alimentaire
Sugelym
Pierre Cormon
Publié vendredi 04 novembre 2022
Modifié mercredi 14 septembre 2022
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#alimentation
Des multinationales, des start-up, des instituts de recherche, des investisseurs et des collectivités publiques collaborent pour encourager l’innovation.
Le partage fait la force: c’est cette conviction qui a poussé une centaine d’acteurs de l’alimentation et de la nutrition à se réunir au sein d’une plateforme d’échange et d’innovation. L’idée est née de quatre partenaires vaudois: le canton de Vaud, l’Ecole polytechnique fédérale de Lausanne, l’Ecole hôtelière de Lausanne et Nestlé. «Ils voulaient créer une plateforme de collaboration et se sont vite rendu compte que l’initiative devait être nationale», explique Christina Senn-Jakobsen, managing director de la plateforme Swiss Food & Nutrition Valley (SFNV), née en 2020.
Deux cent quatre-vingt-six acteurs du domaine ont été identifiés en Suisse par la SFNV et l’entreprise de conseils Accenture. Les structures les plus nombreuses sont les start-up (cent soixante-six recensées). On trouve également des entreprises déjà établies, des instituts de recherche, des incubateurs, des organisations gouvernementales ou des investisseurs.
Encourager l'innovation
Une centaine d’entre eux a rejoint la SFNV. Très différents les uns des autres, ils ont cependant un point en commun: ils veulent encourager l’innovation tout au long de la chaîne qui mène du champ à l’assiette, voire à la poubelle. La SFNV leur permet d’échanger et de coopérer à un stade précoce de l’innovation. «Cela ne les empêche pas d’être des concurrents sur le marché», explique Christina Senn- Jakobsen. Comme deux sportifs peuvent s’entraîner ensemble, mais se transformer en rivaux le jour de la compétition.
Les membres de la Valley sont actifs dans des domaines aussi divers que l’agriculture de précision, les protéines végétales, le recyclage, les emballages biodégradables, l’amélioration de la transparence et de la traçabilité des produits alimentaires ou la santé par l’alimentation.
Développement durable
Beaucoup d’entre eux placent le développement durable au cœur de leur démarche. L’agriculture de précision vise par exemple à produire davantage d’aliments avec moins de ressources. Les producteurs de protéines végétales ou fongiques à diminuer l’impact ravageur de l’élevage intensif et de la pêche industrielle sur les écosystèmes. Les fabricants d’emballages durables à remplacer les produits comme le plastique par d’autres, renouvelables et à l’impact environnemental infiniment moindre.
Que fait concrètement la plateforme pour les aider? «Notre action s’appuie sur quatre piliers», répond Christina Senn-Jakobsen. Premièrement, le réseautage et le partage de connaissances. De nombreux événements sont organisés, qui permettent aux membres de mieux se connaître et d’échanger sur les sujets d’intérêt commun. «Cela permet d’éviter de faire du travail à double, d’identifier des synergies et d’accélérer l’innovation», explique-t-elle.
Plateformes de collaboration
Plusieurs plateformes de collaboration ont été créées. «Un membre suggère un thème», illustre la managing director de la SFNV. «Par exemple: que signifie la nutrition de précision pour les pays à moyen ou bas revenu?» Les membres intéressés se réunissent pour réfléchir à la question, à travers des réunions, des rapports, des projets de recherche. Ils pourront ensuite se servir des résultats pour orienter leur propre activité de recherche et développement. Sept projets liés à la nutrition ont déjà été lancés, ainsi que trois relatifs au système alimentaire et un aux protéines durables. Des projets sur l’agriculture du futur et les emballages durables devraient suivre.
Troisièmement, la SFNV encourage le partage des infrastructures d’innovation. «Nous allons établir un répertoire qui indique quel organisme dispose de tel équipement et est prêt à le rendre disponible, aux conditions que lui-même peut fixer», explique-t-elle. «Cela peut éviter à une start-up de devoir patienter des mois avant de pouvoir procéder à un test sur une machine.» Enfin, une autre plateforme permettra de centraliser les demandes et les offres de compétences dans le secteur des technologies alimentaires.
Campus
A plus long terme, la SFNV prévoit de construire un campus où les membres pourront échanger et mener des activités de recherche en commun. «J’imagine un immense bâtiment, luxuriant et plein de végétation, où règne une atmosphère pleine de vie et d’optimisme», raconte Christina Senn-Jakobsen. «Tout le monde se rencontre au restaurant, qui présente l’avenir de l’alimentation, pour discuter des innovations scientifiques émergentes, des tendances de consommation et des nouvelles technologies. Grâce à ces échanges, nous aurons contribué à rendre le système alimentaire plus durable.» Rendez-vous dans quelques années pour voir si cette vision s’est concrétisée.
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