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Les propositions simplistes passent à la trappe

Pierre Cormon Journaliste Publié jeudi 01 octobre 2026

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Le refus des initiatives sur la neutralité et sur l’alimentation est une excellente nouvelle. Les deux textes avaient en commun de proposer des solutions simples à des problèmes complexes. A tel point que des pacifistes et des véganes convaincus les ont rejetées, alors qu’elles semblaient aller dans leur sens. Le problème dépasse ces deux objets.

Les décisions importantes, en Suisse, font généralement l’objet d’un long processus. On consulte, on discute, on s’affronte, on trouve un compromis, pour minimiser les risques d’échec. Le résultat satisfait rarement tout le monde, mais vise à tenir compte dans la plus large mesure possible des différents intérêts. On n’y parvient pas toujours, mais on essaie. Rien de cela avec les initiatives. Un texte élaboré en vase clos doit être accepté ou refusé tel quel, sans avoir passé la dure épreuve de la consultation et de la négociation.

Les propositions qui en sont issues sont donc souvent simplistes, pleines de bonnes intention mais dépourvues de sens des réalités. Il n’est donc pas étonnant qu’elles soient souvent rejetées.

L’initiative sur la neutralité ne tenait aucun compte de l’évolution des menaces et de la souplesse qu’elle exige de la Suisse. L’initiative sur l’alimentation ne prenait pas en compte la complexité du système de production et de consommation alimentaire. Ses auteurs pensaient qu’on peut changer la réalité par décret.

Le pragmatisme dont la Suisse a fait preuve dimanche est l’une de ses plus grandes richesses. Continuons à le cultiver.