Origami, un modèle que Genève aimerait étendre (Crèches 3/4)
La crèche Origami est le fruit d'un partenariat entre JTI et la Ville de Genève
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Pierre Cormon
Publié lundi 22 juin 2026
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#Crèches
JTI et la Ville de Genève se sont associés pour gérer une crèche, par l'intermédiaire d'une fondation. La Ville aimerait répliquer le modèle
Quand elle parle de la crèche Origami, dans laquelle elle avait placé sa fille, Caroline Kulko s'enthousiasme. «Elle se trouve juste à l'entrée de nos bureaux, à deux pas du Jardin botanique et de la Perle du Lac; le personnel y emmène souvent les enfants», raconte la chargée de communication de JTI (auparavant connue comme Japan Tobacco International). «Et comme elle est ouverte de 7 heures à 19 heures, elle offre un maximum de flexibilité aux parents, qui peuvent travailler l'esprit libre.»
La crèche Origami, créée en 2015 en partenariat entre JTI et la Ville de Genève, est un modèle que cette dernière aimerait multiplier. Elle a ouvert en 2015, lorsque le nouveau siège de la société a été inauguré à Sécheron. JTI a pris en charge les coûts de construction. L'exploitation a été confiée à une fondation, dans le conseil de laquelle siègent des représentants de la Ville et de l'entreprise.
Partage des rôles
«Nous n'intervenons pas dans la gestion au quotidien», explique Fanny Givel, P&C director de JTI et présidente de la fondation Origami. «C'est la tâche de la directrice de la crèche, qui bénéficie de l'appui des spécialistes de la Ville de Genève.» La structure bénéficie en revanche d'une garantie de déficit des deux partenaires. Les cent quatre places sont réparties entre JTI (80 unités réservées aux enfants des collaborateurs) et la Ville de Genève (24 unités pour tout enfant remplissant les critères). Chacun gère sa liste d'attente. Les parents paient une participation selon le barème de la Ville de Genève, qu'ils se fassent attribuer la place par celle-ci ou JTI. Ils prennent globalement en charge 30% du coût total de fonctionnement (quelque 56 000 francs annuels pour une place à plein temps). Les subventions de JTI et de la Ville de Genève couvrent le reste, au prorata des places dont chaque entité dispose.
Les deux partenaires y trouvent leur compte. JTI externalise une prestation très appréciée du personnel, mais qui ne constitue pas son métier. Elle conserve une place dans la gouvernance, tout en bénéficiant du savoir-faire de la Ville et de places réservées. La Ville de Genève bénéficie d'une partie des places, sans avoir eu à prendre en charge l'investissement total.
Discussions
La Ville de Genève aimerait conclure davantage de partenariats de ce type, idéalement avec une répartition des places par moitié pour chacune des parties. «Des discussions sont en cours avec plusieurs entreprises», relève Christina Kitsos, maire et conseillère administrative en charge du Département de la cohésion sociale et de la solidarité de la Ville de Genève.
Le principe: la Ville apporte son expérience dans le domaine très réglementé de la petite enfance, la direction se charge du fonctionnement au quotidien et l'entreprise participe à la gouvernance de l'institution et attribue à ses collaborateurs les places du quota qui lui est attribué.
La formule ne peut cependant convenir qu'à des sociétés disposant d'une certaine surface financière. L'investissement initial est à leur charge et est peu à peu amorti avec le revenu tiré de la location à la fondation.
Entreprises intéressées
«De nombreuses entreprises multinationales sont intéressées à disposer de places de crèches, mais n'ont pas la taille critique pour conclure seules un partenariat public-privé», relève également Adam Baha, secrétaire général adjoint du Groupement des entreprises multinationales (GEM). «D'autres formules pourraient être envisagées, comme des partenariats public-privé réunissant plusieurs entreprises, ce qui n'existe pas encore.»
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