#Alpinisme
Qui dit alpinisme sous-entend risque d’avalanches. Parmi les mesures destinées à s’en prémunir, l’airbag s’est imposé comme une innovation majeure.
À partir d’une idée née dans les années 1970, un inventeur allemand, Peter Aschauer, commercialise une décennie plus tard le prototype ABS. Popularisé dans les années 1990 grâce à diverses améliorations et validations scientifiques, ce système marque une évolution décisive: de simples ballons, on passe à des dispositifs fiables, réduisant de moitié le risque d’ensevelissement mortel.
Dans le canton de Neuchâtel, Marc-Antoine Schaer, diplômé en microtechnique à l’Ecole polytechnique fédérale de Lausanne, amateur de sports nautiques et de montagne, a longtemps nourri l’envie de mettre au point un système plus performant. «Dans les années 2000, les sacs dotés d’un airbag étaient lourds, peu confortables et se déclenchaient grâce à des cartouches de gaz ou étaient basés sur une batterie traditionnelle», résume l’ingénieur.
Le début de l’aventure Alpride remonte à 2009. Marc-Antoine Schaer commence alors à produire des airbags améliorés, jusqu’au jour où survient un déclic: il s’inspire des gilets de sauvetage nautiques, dix fois plus légers et d’une grande simplicité, pour les adapter à la montagne. Il s’oriente ainsi vers la conception d’airbags électriques à supercondensateurs pour avalanches. Cette technologie présente plusieurs avantages majeurs. Le matériel est plus maniable et, surtout, l’autonomie n’est plus affectée par le froid, un problème récurrent en environnement alpin, qui diminue beaucoup le rendement des batteries traditionnelles. En 2012, Alpride reçoit une première récompense qui permet à l’entreprise d’entrer sur le marché des airbags avalanche et d’exister en tant que fournisseur technique.
La technologie distinguée se basait toutefois encore sur un système mécanique à cartouche de gaz. Le véritable gros succès arrivera en 2018, avec la mise sur le marché du premier airbag électrique à super capacités. «Cette innovation brevetée nous a propulsé à l’échelle internationale et nous a permis de fournir la majorité des grandes marques de matériel de ski». se réjouit l’entrepreneur.
Marché B to B
Ces airbags s’adressent principalement aux skieurs freeride, aux randonneurs et aux conducteurs de motoneiges. Alpride commercialise donc sa technologie, prémontée au Vietnam, auprès de grandes marques de sports de montagne, telles que Mammut, Black Diamond, Millet, Scott, Deuter, Osprey ou encore POC, qui l’intègrent à leurs sacs à dos. «C’est un domaine où les marges sont très faibles, car la fabrication des airbags implique des frais de certification élevés. Au final, le client paie ces sacs à airbag environ mille cent euros», avance Marc-Antoine Schaer, qui ne communique pas de chiffres précis sur sa production annuelle, tout en indiquant détenir environ 60% du marché mondial des airbags anti-avalanches.
Pour l’avenir, l’entrepreneur mise avant tout sur une stratégie de consolidation. «Nous enregistrons une croissance stable ces dernières années, que je peux maîtriser, étant le seul actionnaire d’Alpride», explique-t-il. «Mes décisions sont ainsi fondées sur ma volonté de rester actif dans mon cœur de métier. Je tiens également à conserver mon bureau de recherche et développement en Suisse», précise-t-il, évoquant son site de Lignières (NE), où son entreprise, forte de trois employés, s’appuie sur de solides partenaires historiques.
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