Un laboratoire de haut vol

La soufflerie aérodynamique construite par la Haute école du paysage, d’ingénierie et d’architecture de Genève permet d’orienter avec précision les choix techniques.
La soufflerie aérodynamique construite par la Haute école du paysage, d’ingénierie et d’architecture de Genève permet d’orienter avec précision les choix techniques. hepia
Flavia Giovannelli
Publié vendredi 30 janvier 2026
Lien copié

#Aérodynamique Sous l’égide de la Haute école du paysage, d’ingénierie et d’architecture de Genève, un centre de recherche attire loin à la ronde.

Sur les pistes, les Suisses sont nombreux à tenter de reproduire le style d’une Camille Rast ou d’un Marco Odermatt. Mais à ce niveau d’excellence, chaque détail compte, à commencer par le matériel et la maîtrise de la mécanique des fluides. Dans cette course à l’optimisation, Genève dispose d’un atout de premier plan: une grande soufflerie aérodynamique construite par la Haute école du paysage, d’ingénierie et d’architecture de Genève il y a trente ans et optimisée au cours du temps.

Installé dans une partie d’un ancien tunnel ferroviaire désaffecté sous le Pont-Butin, ce laboratoire unique est équipé d’énormes ventilateurs et d’instruments de mesure de haute précision, permettant des recherches avancées aussi bien pour l’industrie que pour le sport.

«Nous travaillons en lien étroit avec les acteurs industriels, notamment dans le vélo, mais aussi dans les sports d’hiver, où les athlètes sont en quête permanente de gains aérodynamiques», explique Patrick Haas, responsable de la soufflerie. Sur place, les scientifiques étudient le comportement de l’air autour des objets et offrent aux sportifs la possibilité de réaliser des tests grandeur nature. Ces travaux ouvrent plusieurs axes d’optimisation: adaptation du matériel selon les attentes, travail sur les postures et sur les textiles des combinaisons ou sur la forme des casques. Le laboratoire procède à des mesures fines et calcule notamment les coefficients de pénétration dans l’air, afin d’orienter avec précision les choix techniques.

Parmi les utilisateurs réguliers de la soufflerie figurent des membres de la Fédération française de ski ainsi que des marques comme Salomon ou Rossignol. Athlètes anonymes et figures connues se prêtent à l’exercice dans des conditions reproduisant au plus près la réalité du terrain. Concrètement, il suffit de prendre place dans une cabine, pieds fixés sur des rails, face à un écran; des vents pouvant frôler trois cents kilomètres par heure y sont générés. En temps réel, les ingénieurs analysent les paramètres aérodynamiques afin d’orienter les améliorations de performance. Pour le saut à ski, un dispositif spécifique permet de mimer les trois phases clés de la discipline: l’impulsion, l’élan (le décollage du tremplin) et le vol. L’athlète est suspendu par un système permettant de préserver une liberté totale de mouvement, tout en favorisant un ajustement précis de la posture (inclinaison, ouverture en V des skis, stabilité).

Innovations validées par les sportifs

La soufflerie genevoise présente plusieurs avantages concurrentiels par rapport à des structures similaires à l’étranger. Un coût de deux mille francs par jour de test, ce qui reste plus intéressant que la concurrence. L’affichage des données en temps réel permet d’identifier immédiatement les pertes liées à un mouvement parasite précis. Pour le grand public, qui arrive en bout de chaîne, les innovations validées par les sportifs se retrouvent généralement quelques mois ou quelques années plus tard dans l’offre d’équipements commerciaux.

insérer code pub ici