#Sports d'hiver
Chaque année, environ septante-cinq mille paires de skis sortent des ateliers. Sur le marché suisse, Stöckli revendique une part d’environ 20%.
Dans un sport où tout se joue au centième de seconde, Stöckli fait le choix du temps long. Production intégrée, volumes maîtrisés, exigence industrielle constante: une approche discrète mais cohérente, incarnée sur les pistes par Marco Odermatt, figure de proue d’une performance fondée sur la régularité autant que sur la vitesse. C’est à Malters, sur son site historique dans le canton de Lucerne, que Stöckli fabrique l’intégralité de ses skis. Fondée en 1935, l’entreprise est détenue par des actionnaires suisses et conserve un fort ancrage industriel régional. Dans sa manufacture, une large part du travail est encore réalisée à la main. Bois, acier, aluminium et matériaux composites sont assemblés, collés et pressés avec une grande précision.
Chaque année, environ septante-cinq mille paires de skis sortent des ateliers. Sur le marché suisse, Stöckli revendique une part d’environ 20%, un résultat notable pour une marque positionnée sur le segment premium. Res Fürling, directeur commercial chez Stöckli Swiss Sports, lève un coin du voile.
Pourquoi prolonger la garantie au-delà des standards du marché?
L’introduction d’une garantie de quatre ans s’appuie avant tout sur la durabilité constatée des produits et sur des taux de retour historiquement faibles. Pour l’entreprise, il s’agit moins d’un argument commercial que d’un signal envoyé aux consommateurs: investir dans un ski conçu pour durer permet de limiter les remplacements fréquents et d’inscrire l’achat dans une logique de long terme.
Quel rôle joue le swiss made dans votre stratégie?
Chez Stöckli, le swiss made renvoie d’abord à une production intégrée et locale. Le développement et la fabrication sont réalisés à Malters, ce qui permet un contrôle étroit des processus industriels, des standards de qualité ainsi que des conditions sociales et environnementales. Cette proximité réduit également les distances logistiques et favorise des chaînes d’approvisionnement plus transparentes.
Les fondateurs imaginaient-ils un tel développement?
Difficile de savoir si le fondateur pouvait anticiper l’ampleur actuelle de la marque. En revanche, l’exigence de qualité et de précision est présente dès les origines. Cet état d’esprit, transmis au fil des décennies, reste un élément structurant de la culture d’entreprise.
Une fidélité qui s’étend aussi à Marco Odermatt...
La collaboration avec Marco Odermatt, sous contrat au moins jusqu’en 2030, dépasse le cadre de la communication. Engagé de longue date avec la marque, le skieur contribue au développement des modèles à travers les retours issus de la compétition. Les enseignements du haut niveau sont ensuite intégrés aux skis de série, dans une logique de transfert technologique assumée.
La glisse artisanale fait encore recette
Aux Diablerets, tout le monde connaît la famille Morerod et ses luges de haut de gamme fabriquées entièrement dans la station de façon artisanale. Bruno Morerod y était à la tête d’une entreprise de menuiserie-charpente. Père de cinq enfants, il a fabriqué une luge et s’est pris au jeu. À la construction et la rénovation de chalets, les Morerod ont ajouté la fabrication de luges il y a quelques années.
Aujourd’hui, un des fils a repris l’activité, avec autant de succès. «On utilise des techniques de charpenterie, comme l'assemblage avec tenons et mortaises. Le bois utilisé pour les patins est cintré, ce qui ne se pratique plus beaucoup. La finition s'apparente à du travail de menuiserie», explique Joël Morerod. Soucieux des ressources locales, l’entreprise utilise du frêne, un bois qui présente plusieurs avantages, comme la souplesse et une bonne résistance à l'humidité, idéal pour les pistes de luge.
L’attention se porte égalementsur les patins, synthétiques, similaires aux semelles des skis et des snowboards. Pour une luge, il faut compter une dizaine d’heures de travail manuel, ce qui explique le prix de ces traîneaux de luxe: comptez six cent cinquante francs, auxquels le client peut ajouter des détails de personnalisation qui influencent le prix final.
Ces luges traditionnelles, utilisées à l’époque pour le transport de marchandises légères, portent des appellations évocatrices. D’une longueur de quatre-vingts à cent trente centimètres, la Davos est un classique suisse. Son nom remonte à la première course historique de luge de 1883 dans la station éponyme, qui a entraîné la fondation du Davos Toboggan Club. Si les modèles en plastique permettent d’aller plus vite, la Davos et les modèles d’époque peuvent procurer de belles sensations, sans compter le plaisir d’une conduite bien plus élégante.
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