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Genève, nécessaire second souffle pour l’apprentissage

François Abbé-Decarroux ancien directeur général de la HES-SO Publié jeudi 29 octobre 2026

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Le 9 octobre dernier, au Dies academicus de l’université de Genève, Philippe Aghion, prix Nobel d’économie 2025, a loué le système scolaire suisse et invité la France à s’en inspirer. Cocasserie du propos: il s’exprimait dans le canton dont le modèle éducatif est le plus proche du système français.

Semblant faire sien le slogan «un bac pour tous», Genève privilégie en effet les formations générales: le collège qui mène à l’université et l’ECG appelée à sa création «l’école de la seconde chance». C’est tout dire! Dès lors, la formation professionnelle ne pouvait être qu’un choix par défaut.

Pourtant, il n’en a pas toujours été ainsi. Au début du 20ème siècle, Genève affichait l’une des plus fortes proportions d’apprentis parmi les 15-18 ans, bien au-dessus de la moyenne nationale. Aujourd’hui, avec moins d’un tiers d’apprentis au secondaire II, elle est la plus faible du pays.

Les facteurs culturels ne suffisent probablement pas à expliquer cette évolution. Mais disons-le d’emblée, elle ne tient pas à la tertiarisation de l’économie genevoise. D’autres cantons ont connu une tertiarisation comparable sans que leur proportion d’apprentis tombe sous la moyenne du pays. Les politiques publiques, l’influence des parents et des enseignants, ainsi que la relative faible propension des entreprises genevoises à former en dual ont certainement joué un rôle dans ce renversement de situation.

Quoi qu’il en soit, force est de constater que la maturité professionnelle, les HES et les discours valorisant l’apprentissage tenus ces dernières décennies n’y ont pas changé grand-chose. Le changement pourrait bien venir de l’IA, qui va créer un regain d’intérêt pour les métiers manuels et de l’humain dont beaucoup s’acquièrent via l’apprentissage. Dans l’esprit de Philippe Aghion, Genève pourrait ainsi réapprendre du système suisse de formation!