Genève veut sa ligne de métro en complément du Léman Express

L'idée du canton est de passer par les Eaux-Vives
L'idée du canton est de passer par les Eaux-Vives DR
Pierre Cormon
Publié lundi 29 juin 2026
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#mobilité Le projet de métro Jura-Léman-Salève, présenté cet hiver, est salué par une commission représentant la société civile, qui émet quelques recommandations.

Un projet ambitieux, voué à façonner l’avenir du Grand Genève en matière de mobilité, d’économie et d’aménagement du territoire est en préparation. Il s’agit de créer une ligne de transport ferroviaire léger, du genre métro automatique, reliant le Pays de Gex au pied du Salève. Elle traverserait le canton de Genève essentiellement en souterrain, transportant de 120'000 à 160’000 passagers par jour, à une cadence de trois minutes.

La ligne partirait du pays de Gex et passerait par Meyrin, le quartier des organisations internationales, Plainpalais, le PAV et la ZIPLO, pour aboutir à Saint-Julien-en-Genevois (voir carte). Il s’agirait d’une «deuxième colonne vertébrale» pour le Grand Genève, aux côtés du Léman Express, a illustré le conseiller d’Etat Pierre Maudet, lors de la présentation du projet, en novembre 2025.

Soutien de principe

La société civile soutient cette ambition, montre un rapport publié lundi 29 juin 2026 par le Conseil Consultatif de la liaison Jura-Léman-Salève (CCJLS). Cette instance, créée par le canton de Genève, réunit des représentants de la société civile couvrant un très large spectre, des syndicats au patronat, des défenseurs de l’environnement et de la mobilité douce à ceux du Grand Genève.

Un crédit d’études de 30 millions de francs a été voté par le Grand Conseil pour explorer le projet, en janvier 2023. L’idée, née dans les années 2010, a sensiblement évolué. On imaginait initialement une ligne de train, à l’intérieur des frontières cantonales, mais le délai de réalisation (vers 2080) a mis cette option hors-jeu. On parle maintenant d’un projet transfrontalier et plus léger, bénéficiant d’interfaces avec les autres transports publics.

Nuances

Le Conseil consultatif souscrit globalement à cette vision. «Nous ne prenons pas de l’avance en matière de mobilité, nous rattrapons notre retard», souligne son président, Jean-Luc Favre. Ce soutien s’accompagne cependant de nuances. Le report modal doit constituer la priorité absolue du projet, plutôt que le nombre de passagers transportés, insiste la commission. Il s’agit avant tout de désengorger le plus possible le Grand Genève.

Le nouveau moyen de transport doit aussi impérativement passer par la Gare Cornavin – alors que les CFF jugent cela difficile et que le canton étudie plutôt une interconnexion via la halte de Sécheron. Il devrait éviter les Eaux-Vives pour ménager sa nappe phréatique – alors que le canton juge indispensable une interconnexion avec la gare du quartier. Il faut aussi tirer les leçons du succès du Léman Express et voir grand dès le départ. Les stations doivent être conçues comme des lieux de vie hospitaliers, contrairement à celles du Léman Express. Les rames doivent avoir une capacité substantielle et être confortables.

Une attention particulière doit être portée à la question des déblais d’excavation, un aspect souvent négligé, comme le montre l’exemple de la ligne 15 de métro, actuellement en construction à Paris.

Financement flou

Le coût a été estimé grosso modo à quatre milliards de francs, mais le financement est encore flou. Tout l’enjeu est de capter des financements fédéraux. Le fonds fédéral permettant de financer des projets ferroviaires (FIF) étant saturé, on réfléchit à solliciter le fonds destiné au trafic d’agglomération (FORTA). La part dévolue à la France et celle qui devrait être dégagée grâce aux recettes d’exploitation n’ont pas encore été définies. La commission recommande de clarifier ces points dès que possible. «On y verra plus clair à la fin de l’été», promet le conseiller d’Etat Pierre Maudet, en charge du Département de la santé et des mobilités.

Le cap est vers une mise en service pendant la décennie 2040 – une calendrier que la commission consultative aimerait voir défini de manière plus précise.

Prochaine étape: le dépôt d’un projet de loi par le Conseil d’Etat, d’ici la fin de l’année. Il devrait préciser les grandes lignes du projet et donner l’occasion au peuple d’en voter le principe en 2027, pour poursuivre sur une base démocratiquement solide.

 


 

Les propositions de la commission

 

Propositions du canton

Propositions de la commission

Passage par Sécheron

Passage par Cornavin

Passage par les Eaux-Vives

Eviter les Eaux-Vives

Rames de soixante mètres

Rames de nonante mètres

Mesurer l’impact en nombre de passagers

Mesurer l’impact en fonction du report modal

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