Opinions

Impôts: le coup de semonce vaudois

Flavia Giovannelli Publié mercredi 30 septembre 2026

Lien copié

La baisse d’impôts de 12% décidée par les Vaudois le week-end dernier aura-t-elle des conséquences au-delà des frontières cantonales? En tout cas, le signal envoyé est assez clair: une majorité des votants souhaite alléger une pression fiscale toujours élevée sur leur territoire. Les auteurs de l’initiative sont ravis. Selon eux, la mesure profitera à la fois au pouvoir d’achat et à l’attractivité du canton. Vaud avait déjà commencé à alléger timidement sa fiscalité ces dernières années, tandis que Genève avait frappé plus fort en 2024. À leur tour, les Vaudois passent, cette fois, à la vitesse supérieure, avec en prime un matelas financier encore substantiel, surtout comparé à Genève.

Résoudre une équation

L’argument du risque de coupes dans les prestations publiques n’a pas pesé lourd face à un portemonnaie moins vide. À charge désormais pour les élus de résoudre l’équation et, pourquoi pas, de mettre un peu d’ordre dans le fonctionnement de l’État en traquant doublons et excès administratifs. La chasse à la bureaucratie est une pratique qui marche partout, elle.

Le canton de Vaud n’est pas encore Zoug. Il figure toujours parmi les cantons où la fiscalité des personnes physiques reste la plus lourde. Mais cette baisse lui donne un argument de plus pour renforcer sa compétitivité.

Vaud possède aussi d’excellents atouts structurels, avec un foncier un peu plus accessible qu’à Genève et un puissant écosystème d’innovation, notamment autour de l’EPFL. L’allégement fiscal vient compléter le tableau. Genève, qui conserve le taux maximal d’imposition du revenu le plus élevé de Suisse, pourra y voir un aiguillon pour ne pas entrer en hibernation lorsqu’il s’agit de préserver ses fameuses conditions cadre.

Un pari gagnant?

Une chose est sûre, la saga est loin d’être terminée. Les partisans de la baisse misent aussi sur un cercle vertueux. Le canton continue d’attirer de nouveaux contribuables, ce qui peut absorber une partie du manque à gagner fiscal. Ce mécanisme s’est déjà observé en 2025: l’augmentation du nombre de contribuables a partiellement compensé les effets de la baisse de 4% alors en vigueur. Reste à savoir si la mécanique résistera à une réduction de 12%. Si tel est le cas, les prestations pourront être maintenues sans tour de passe-passe et les partisans de l’initiative auront de solides raisons d’estimer que leur pari n’était pas si téméraire.