Les jobs d'été permettent aux jeunes de découvrir les métiers qui les intéressent.
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Flavia Giovannelli
Publié vendredi 03 juillet 2026
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#Salaire minimum
La votation de mars offre une dérogation possible pour les employeurs. Mais ses effets prendront un peu de temps.
Le coup d'accélérateur attendu n'a pas encore eu lieu, mais il faudra effectuer un bilan plus complet d’ici plusieurs mois, peut-être même avec l’ouverture des futurs jobs d’été pour 2027.
Trois mois après l'acceptation populaire d'une exception au salaire minimum genevois pour les jobs d'été, les employeurs interrogés saluent une mesure qui préserve ce type d'engagements, sans pour autant constater, à ce stade, une augmentation sensible du nombre de postes proposés. Les premiers effets restent limités. Collectivités publiques comme entreprises continuent néanmoins de proposer ces premières expériences professionnelles, convaincues qu'elles constituent une porte d’entrée privilégiée dans le monde du travail.
Dans le secteur des paysagistes, les jobs d'été ne répondent pas à une pénurie de main-d'œuvre. «Nous cherchons plutôt à faire découvrir nos métiers, susciter des vocations et permettre à des étudiants de gagner un revenu pendant leurs vacances», explique la Pépinière Jacquet. Une vingtaine de postes sont proposés cet été. Si l'entreprise avait dû rémunérer tous ces emplois au salaire minimum genevois, leur nombre aurait probablement été revu à la baisse. Le régime spécifique adopté en mars lui permet donc de maintenir son offre. L'intérêt des jeunes reste d’ailleurs soutenu. Plus de 60 candidatures ont été reçues pour ces vingt places. «Nous y voyons une manière de soutenir les jeunes tout en investissant dans la relève», résume l'entreprise.
Volume constant
Même constat du côté de la Commune de Meyrin, employeur historique de jobs d'été. Cette année, 78 postes sont proposés aux jeunes domiciliés dans la commune, principalement pour deux à trois semaines, dans l'entretien des bâtiments scolaires, les espaces verts ou la voirie. «Les annonces ayant été publiées dès le mois de mars, nos budgets étaient déjà arrêtés. Nous n'avons donc pas modifié nos pratiques», explique Claudia Saviaux-Druliolle, responsable du service des Ressources humaines.
La commune a toutefois choisi d'aller au-delà des exigences légales. Les jeunes majeurs perçoivent le salaire minimum genevois de 24,59 francs de l'heure, tandis que les mineurs sont rémunérés 21,59 francs, soit davantage que le minimum autorisé dans le cadre du régime dérogatoire. Une manière de tenir compte de la maturité et des responsabilités différentes selon l'âge.
La Ville de Genève, principal pourvoyeur de jobs d'été dans le canton, dresse un bilan similaire. Chaque été, entre 150 et 200 jeunes âgés de 15 à 22 ans, domiciliés sur son territoire, sont engagés pour des missions de deux à trois semaines. «Nous n'avons pas non plus modifié le nombre de postes, ni la rémunération, partant du principe que nous avons un rôle social à jouer», résume Anne Bonvin Bonfanti, chargée de communication.
Encadrement amélioré
Au-delà de la rémunération, Meyrin fait évoluer l'encadrement. Les responsables des stagiaires bénéficient désormais d'une formation consacrée à la prévention des risques psychosociaux et à l'accompagnement des jeunes, identifiés comme un public plus vulnérable. En fin de stage, les participants évaluent également leur expérience et leurs conditions de travail. L'objectif est clair: faire du job d'été une véritable première étape dans l'apprentissage du monde professionnel.
Pour l'heure, les universités observent également peu de changements. «La majorité des offres que nous publions concernent des emplois à pourvoir immédiatement ou des postes à l'année, dont les salaires ne sont pas concernés par ce régime particulier», indique Jasmine Champenois, directrice de la Division de la formation et des étudiants de l'Université de Genève. Un premier bilan de l'impact réel de la réforme ne pourra sans doute être dressé qu'à la fin de l'été.
Job d'été: une définition désormais très encadrée
Depuis avril 2026, un job d'été peut être rémunéré à 75 % du salaire minimum genevois, mais uniquement s'il répond à plusieurs conditions.
• L'activité est exercée pendant les vacances scolaires ou universitaires.
• Le jeune est inscrit dans un établissement de formation reconnu.
• La durée totale n'excède pas 60 jours par année civile.
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