L’étau se resserre sur les tricheurs du bâtiment (contrôle des chantiers 1 sur 3)

Inspection surprise
Inspection surprise DR
Pierre Cormon
Publié vendredi 02 octobre 2026
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#genève Le système permettant de repérer et sanctionner les entreprises en délicatesse avec leurs obligations leur laisse de moins en moins de marge.

Une entreprise du bâtiment déclare ses ouvriers à temps partiel, alors qu’ils travaillent à 100%? Elle les paie en-dessous du tarif conventionnel? Ne les affilie pas à sa caisse de pension?
C’est interdit, et pourtant, cela arrive régulièrement, à Genève comme ailleurs. Un dispositif a été mis sur pied pour détecter et sanctionner ces pratiques. «Il ne cesse d’être perfectionné», remarque Grégoire Mercier, secrétaire de la Commission paritaire du second, une structure paritaire chargée de veiller au respect de la convention collective de travail.
Des contrôles à l’improviste sont réalisés quotidiennement sur le terrain, par le Bureau du contrôle des chantiers. Les entreprises épinglées sont signalées à la commission paritaire de leur secteur. Celle-ci peut procéder à des contrôles plus approfondis, comme c’est le cas dans le second oeuvre. Les procédures s’étalent parfois sur plusieurs mois. Elles concernent des entreprises signalées par le Bureau de contrôle des chantiers, mais aussi par des syndicats, des concurrents ou des caisses de compensation.

Faux temps partiel

Un accent particulier est mis sur le travail sur appel déguisé et le faux temps partiel. Quelque 365’000 francs ont par exemple été récupérés en faveur des travailleurs en 2025, un chiffre en progression régulière.
Même tendance pour les amendes qui peuvent être infligées aux entreprises fautives, en vertu de la convention collective de travail. Leur montant total a atteint 1,5 million de francs en 2025. «Nous avons récemment infligé une amende de plusieurs dizaines de milliers de francs, même si c’est un cas exceptionnel», relève Ruth Altmeyer, responsable du Bureau administratif.
Certains employeurs n’agissent pas dans une mauvaise intention – ils sont seulement dépassés par les tâches administratives ou étranglés par une trésorerie précaire. Pour d’autres, tricher semble relever d’une stratégie de réduction des coûts. «En cas de manquements répétés, nous renforçons le suivi et renouvelons les contrôles», prévient Grégoire Mercier. «Si l’employeur ne semet pas en règle, les sanctions peuvent être sensiblement aggravées.»


Récidives

Certaines entreprises ne s’en relèvent pas. Leurs responsables s’empressent parfois de récidiver dans une nouvelle société. «Avec le temps, nous les connaissons», remarque Ruth Altmeyer. «Nous les suivons attentivement.»
Le système est encore loin d’être parfait, mais les mailles du filet ne cessent de se resserrer. Le nombre de poursuites lancées par l’organe du second oeuvre contre des entreprises rechignant à s’acquitter des amendes a ainsi plus que doublé en 2026, grâce à l’engagement d’un spécialiste.
«Nos membres appuient totalement ce système», conclut Olivier Scheib, secrétaire de l’association patronale de la gypserie-peinture genevoise (GPG). «Rien n’agace plus une entreprise qui respecte les règles que la concurrence déloyale d’une autre qui ne le fait pas.»

 


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