Publié mercredi 15 juillet 2026
Modifié mercredi 15 juillet 2026
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#Restauration
Après avoir cofondé et développé Sushi Shop, Adrien de Schompré se lance un nouveau défi avec Matsuri, la chaîne de restaurants japonais au célèbre comptoir tournant. Le premier établissement genevois vient d'ouvrir aux Eaux-Vives, avec l'ambition de faire de la Suisse un marché stratégique. Entre adaptation aux habitudes helvétiques, développement international et nouvelles tendances de la gastronomie japonaise, l'entrepreneur détaille sa vision.
Pourquoi avoir choisi de revenir à Genève avec Matsuri ?
Genève n'est pas un hasard. C'était déjà le point de départ de notre développement en Suisse à l'époque de Sushi Shop, avec beaucoup de succès. Je connais bien cette ville et j'y suis très attaché. Lorsque j'ai repris Matsuri, il m'a fallu du temps pour définir ce que devait être le concept. Matsuri n'est pas un restaurant de livraison comme Sushi Shop : c'est avant tout un lieu où l'on vient vivre une expérience sur place. Nous avons cherché pendant plus d'un an le bon emplacement. Il fallait un quartier vivant, mais qui ne soit pas uniquement festif. Les Eaux-Vives réunissent aujourd'hui cette double dimension, avec une clientèle présente aussi bien le midi que le soir.
Le restaurant genevois propose un bar à cocktails, une première pour Matsuri. Pourquoi cette évolution ?
Nous voulons que chaque restaurant s'adapte à son quartier. Ce qui reste commun à tous les Matsuri, c'est le kaiten, le comptoir tournant. En revanche, chaque établissement possède sa propre identité. A Genève, nous avons choisi le thème du train. La Suisse est le pays du rail, nous avons donc imaginé un décor de wagons rétro-futuristes. C'est aussi le premier Matsuri doté d'un véritable bar. L'idée est de faire vivre le lieu à différents moments de la journée : déjeuner autour du comptoir tournant, pause-café avec des pâtisseries japonaises, apéritif autour de cocktails et de petites assiettes, ou encore début et fin de soirée.
Vous développez également une offre de café et de pâtisseries japonaises. Pourquoi ?
C'est une frustration que nous avions chez Sushi Shop. La livraison ne permettait pas vraiment de développer les desserts. Avec Matsuri, nous créons une véritable offre de café, de pâtisseries japonaises, de boissons au matcha, de lattes ou encore de boissons à base de fruits japonais. Nous travaillons également sur notre propre gamme de desserts qui sera lancée à la rentrée.
Un deuxième établissement est déjà prévu à Carouge. Quelle est votre stratégie pour Genève ?
Le site de Carouge (anciennement Pesca Rouge) devrait ouvrir d'ici la fin de l'année. Il sera principalement dédié à la livraison et à la vente à emporter. Cela permettra de couvrir efficacement tout Genève sans perturber le service du restaurant des Eaux-Vives. Nous réfléchissons ensuite à un second restaurant dans le canton, probablement sur la rive droite. Lausanne fait également partie de nos projets. Dans les 12 à 18 prochains mois, nous espérons ouvrir à la fois un nouveau restaurant genevois et un établissement lausannois. Puis Zurich.
La Suisse est-elle un marché particulier ?
Oui, très clairement. Les consommateurs suisses sont extrêmement attentifs au rapport qualité-prix. C'est une clientèle exigeante, mais très cohérente dans ses attentes. Notre ambition est de faire de Matsuri une sorte de trattoria japonaise : un restaurant simple, décomplexé, où l'on peut venir plusieurs fois par semaine, en famille, avec un budget accessible.
Vous avez installé le siège de votre holding en Suisse. Pourquoi ?
C'est un choix stratégique. Notre ambition est de construire une entreprise européenne. La Suisse est un carrefour idéal pour piloter notre développement international. Aujourd'hui, notre groupe est organisé autour d'équipes françaises pour le marché français et d'équipes basées en Suisse pour le développement à l'international. Nous sommes déjà présents ou en cours de développement au Luxembourg, en Belgique, à Monaco, à Dubaï, et nous travaillons également sur des projets en Espagne et au Maroc.
Votre objectif est-il de faire de Matsuri un succès comparable à celui de Sushi Shop ?
Nous avons beaucoup d'ambition, mais nous ne voulons pas prédire l'avenir. En revanche, nous pensons que le concept répond parfaitement aux nouvelles habitudes de consommation. Le comptoir tournant permet de proposer des assiettes à différents prix, de partager facilement, de manger rapidement tout en vivant une expérience ludique. C'est un format très adaptable. En Espagne, par exemple, nous travaillons sur une version inspirée des bars à tapas avec un comptoir plus haut. Chaque pays pourra avoir sa propre interprétation du concept.
Pourquoi le sushi reste-t-il aussi populaire après plus de vingt ans ?
Parce qu'il répond à plusieurs attentes actuelles. C'est une cuisine variée, visuellement attractive, facile à partager et qui se renouvelle sans cesse. Le Japon innove énormément autour du sushi, mais aussi les États-Unis, l'Amérique du Sud ou encore l'Espagne. Cette capacité permanente à créer de nouvelles recettes explique en grande partie son succès.
Quelles sont les nouvelles tendances japonaises qui vous inspirent ?
Le saké mérite d'être beaucoup mieux connu. Il peut se déguster comme un vin et accompagne parfaitement un repas japonais. Nous observons également un fort développement des boissons au matcha, des pâtisseries japonaises, des cheesecakes japonais ou encore des chiffon cakes. Ce sont des produits très visuels qui fonctionnent particulièrement bien sur les réseaux sociaux.
Les préoccupations autour du poisson ou de l'alimentation végétale modifient-elles votre offre ?
Nous sommes extrêmement exigeants sur le choix de nos fournisseurs et sur la qualité de nos cahiers des charges. Concernant les alternatives végétariennes et véganes, nous adaptons notre offre selon les marchés. Dans les pays germanophones, par exemple, la demande est plus importante. Notre modèle nous permet justement d'ajuster très facilement notre carte en fonction des habitudes locales.
Comment voyez-vous Matsuri dans cinq ans ?
En Suisse, nous pensons pouvoir atteindre une quinzaine de restaurants répartis dans plusieurs villes. À l'échelle internationale, nous avons déjà une trentaine de restaurants ouverts ou en cours d'ouverture, ainsi qu'une cinquantaine de projets signés. Notre rythme sera d'une quinzaine d'ouvertures par an en France, tout en poursuivant notre expansion dans de nouveaux pays. Notre priorité reste de nous adapter à chaque marché avant d'accélérer le développement. C'est cette approche qui nous a permis de réussir par le passé et que nous voulons reproduire avec Matsuri.
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