Après les JO, Charlotte Bonnet met la performance sportive au service des entreprises
Charlotte Bonnet: de nombreuses médailles jalonnent son parcours dans le domaine olympique de la natation. Elle met dorénavant son expérience au service des entreprises.
Chantal de Senger
Publié vendredi 16 octobre 2026
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#Portrait
Après 17 années de natation de haut niveau, quatre participations aux Jeux olympiques et une médaille de bronze à Londres, Charlotte Bonnet a rangé son maillot de compétition. Elle ouvre aujourd’hui un nouveau chapitre avec Two Lanes, une académie qui vise à transmettre, notamment aux entreprises, ce que le sport de haut niveau lui a appris.
À trois ans, Charlotte Bonnet était déjà dans l’eau. Les bébés nageurs, puis les premiers cours, avant que la natation ne devienne progressivement bien plus qu'une activité: un métier, une identité, une vie. «On ne m’a jamais forcée à faire du haut niveau. Je pense que la demande doit venir de l’enfant», raconte-t-elle aujourd’hui. Une philosophie qui guide aussi sa nouvelle activité: accompagner, faire progresser, donner confiance, mais sans imposer.
Pendant près de deux décennies, la Française a vécu au rythme des bassins. Quatre participations aux Jeux olympiques, une médaille de bronze aux JO de Londres en 2012, deux médailles aux championnats du monde et dix titres européens jalonnent son parcours. Mais derrière les podiums, Charlotte Bonnet raconte surtout une histoire faite de hauts et de bas. Car le sport de haut niveau n’est pas une ligne droite.
Elle connaît très tôt le goût du succès. À 17 ans, elle décroche une médaille olympique. L’année suivante, elle monte sur un podium mondial.
Puis vient une longue traversée du désert. Pendant quatre ans, les médailles disparaissent. Avec elles, une partie de l’attention et du soutien qui entouraient la jeune championne. «Quand tu ne réussis pas, certains sponsors s’en fichent et te lâchent», résume-t-elle. Dans ces moments-là, la performance ne dépend plus seulement des chronomètres. Elle dépend de l’entourage, du mental, de la capacité à accepter de traverser une période de doute.
Charlotte Bonnet s’entoure alors progressivement d’une véritable équipe: coach, médecin, ostéopathe, nutritionniste, psychologue… Et surtout, elle apprend à identifier ce qui lui convient et ce qui ne lui convient plus. À un moment de sa carrière, elle réalise qu’elle évolue dans un environnement devenu toxique. Elle change de coach, de cadre et de ville. Elle se fait accompagner psychologiquement. Elle se recentre. Et retrouve finalement le chemin des podiums.
Interventions et conférences en entreprises
C’est précisément cette expérience qu’elle souhaite aujourd’hui partager. Avec Jérémy Desplanches, son mari et lui aussi ancien nageur olympique, ils se sont installés à Genève, après avoir tous deux mis un terme à leur carrière à l’issue des Jeux de Paris 2024. Après avoir atteint leurs principaux objectifs sportifs, le couple avait envie d’autre chose. «Au bout d’un moment, quand tu as atteint tes objectifs, c’est difficile de toujours viser plus haut», explique Charlotte.
Leur nouveau projet s’appelle Two Lanes, une académie lancée en septembre à Genève. Le concept dépasse largement la traditionnelle école de natation. «Notre idée, c’est de rendre notre expérience et notre expertise olympiques accessibles à tous», explique-t-elle. La première branche concerne le coaching aquatique. Pas question, pour l’instant, d’apprendre à nager à quelqu’un qui ne sait pas mettre un pied dans l’eau. L’académie s’adresse plutôt aux jeunes adultes et aux adultes qui savent déjà nager et souhaitent perfectionner leur technique, gagner en confiance ou simplement progresser. Le projet est encore en construction. Le couple démarche actuellement les communes genevoises afin de nouer des partenariats avec des piscines et de pouvoir développer ses activités. À terme, l’objectif est de constituer un véritable réseau autour de l’académie.
Cette volonté de transmettre se prolonge au-delà de Two Lanes. Charlotte Bonnet est notamment ambassadrice de la Coupe de Noël de Genève, une épreuve à laquelle elle a elle-même participé l’an dernier avec Jérémy Desplanches, en remportant la course professionnelle. Elle est également ambassadrice de la fondation Leman Hope, qui associe sport, entreprises et engagement solidaire autour d’actions destinées notamment aux jeunes. Mais l’eau n’est qu’une partie de l’aventure. L’autre se joue dans les entreprises. Charlotte et Jérémy proposent des interventions et des conférences autour de leur expérience du sport de haut niveau. Stress, échec, rebond, pression, objectifs, discipline, accompagnement: autant de sujets qu’ils mettent en parallèle avec leur quotidien professionnel.
À seulement 31 ans, Charlotte ne se présente pas comme une spécialiste du management. Elle arrive avec autre chose: dix-sept années d’expérience dans un univers où la performance se mesure au centième de seconde. «Je reste à ma place et je parle de ce que j’ai vécu dans le sport de haut niveau. Ensuite, je fais les liens avec ce que les entreprises peuvent traverser.» Son parcours lui offre matière à raconter. La réussite précoce, la pression des médias, les périodes de doute, les sponsors qui s’éloignent, le sentiment de solitude, la reconstruction, puis le retour au premier plan. Des expériences qui résonnent bien au-delà des bassins. Car dans une entreprise aussi, un projet peut échouer. Un dirigeant peut traverser une période difficile. Une équipe peut perdre confiance. Un collaborateur peut avoir besoin d’être accompagné. Et une réussite individuelle repose rarement sur le seul talent de celui qui se trouve sous les projecteurs.
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