La Suisse se prépare à un effondrement du système de paiements

Il faudra insérer sa carte dans le terminal (image générée par IA)
Il faudra insérer sa carte dans le terminal (image générée par IA)
Pierre Cormon
Publié mardi 22 septembre 2026
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#paiements Une nouvelle solution permettra de payer les biens essentiels par carte, même si l’infrastructure de paiements ne fonctionne plus, dès fin 2027

Et si des pirates informatiques paralysaient le système des paiements électroniques suisses? Que les terminaux ne pouvaient plus communiquer avec l’infrastructure de paiements ? Si le scénario se réalisait aujourd’hui, seul l’argent liquide permettrait encore de régler ses dépenses. Encore faudrait-il que les consommateurs en aient assez, ou que les distributeurs continuent à fonctionner. Autant dire que le chaos serait programmé.

Le tableau serait moins inquiétant si ce scénario se réalisait en 2028. Dès cette date, une solution permettra de payer les biens de nécessité dans certains commerces par carte, même si l’infrastructure de paiement électronique est en panne. Il faudra disposer d’une carte de crédit ou de débit suisses physiques, l’insérer dans le terminal et indiquer son code PIN. Des raisons techniques empêchent d’offrir la même fonction pour les paiements par téléphone portable.

Pas de carte étrangère

Les transactions seront enregistrées dans le terminal et traitées lorsque le système fonctionnera à nouveau. Les paiements avec des cartes étrangères ne seront en revanche pas possibles. Des représentants des principaux acteurs (banques, émetteurs de cartes, détaillants) ont signé une déclaration d’intention en ce sens. «Une mise en œuvre à grande échelle aura lieu d'ici fin 2027", précise Thomas Grünwald, porte-parole de l'Office fédéral pour l’approvisionnement économique du pays. La Suisse rejoint ainsi des pays qui, à l’instar de la Suède, la Finlande, la Norvège et l’Estonie, ont mis en place un tel système, ou sont en train de le faire.

«Sans cette solution, en cas de coupures prolongées d’électricité ou de communications, le trafic des paiements serait complètement paralysé et, dès que les clients seraient à court d’argent liquide, le commerce s’arrêterait également», relève Severin Pflüger, directeur de l’Association pour les paiements électroniques. L’association, qui groupe de gros acteurs de l’économie (Coop, Migros, La Poste, CFF, HotellerieSuisse…), a pris part aux travaux dès le départ.

Facultatif

La solution n’est pas obligatoire: seuls les acteurs qui le souhaitent l’adopteront. Elle fonctionnera aussi en cas de panne ou de tout autre événement affectant le système. On ne sait pas encore à partir de quel volume de transaction il vaudra la peine de procéder aux adaptations.

Dès le moment où le terminal du commerçant ne pourra plus se connecter à son prestataire de services de paiements, il basculera automatiquement en mode hors ligne. Il devra cependant avoir été programmé pour cela.

Le risque qu’un paiement non solvable règle des achats de la sorte sera supporté par les émetteurs de carte (sauf si le commerçant ne respecte pas ses obligations et interrompt par exemple la connexion internet par sa faute).

Première nécessité

La possibilité sera réservée aux commerçants proposant des articles de premières nécessité: denrées alimentaires, produits pharmaceutiques et carburant.

Le nombre et le montant des paiements qui pourront être effectués de la sorte seront limités, de manière à permettre de couvrir les besoins essentiels pendant environ une semaine. «Les plafonds précis ne sont pas rendus publics», indique l’Office fédéral pour l’approvisionnement économique du pays. «Cela correspond à la pratique du secteur et vise à empêcher tout détournement de la fonction hors-ligne.»

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