AgroSustain: plantes et algues contre champignons (champignons 4 sur 5)
La startup développe des moyens naturels de lutter contre les champignons
Varlaam Diakoff - DR
Pierre Cormon
Publié vendredi 23 septembre 2022
Modifié vendredi 11 septembre 2026
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#innovation
La startup vaudoise développe des moyens naturels et inoffensifs de lutter contre les champignons ravageurs
Si les champignons sont de précieux auxiliaires dans de nombreux domaines, ils peuvent également être de redoutables ravageurs pour l’agriculture. Ils causent des pertes considérables de rendement et de qualité, notamment lors des années humides. Ils sont notamment responsables du mildiou et de la pourriture de fruits et légumes. La start-up AgroSustain, à Renens, s’est donc donné pour mission de protéger les cultures grâce à des fongicides naturels, inoffensifs pour l’homme et l’environnement, élaborés à partir de plantes et d’algues. Les fongicides les plus utilisés actuellement sont chimiques, ou reposent sur des matières comme le cuivre. Ils produisent des résidus difficiles à dégrader, qui peuvent s’avérer toxiques pour l’environnement. De plus, les champignons développent rapidement des résistances. Il existe donc un réel besoin de nouveaux fongicides naturels et inoffensifs pour la santé et l’environnement. AgroSustain, une spin-off de l’Université de Lausanne, est en train d’en développer. Elle vise
Trois fongicides
D’abord hébergée à l’Agroscope de Changins, la start-up s’est installée dans ses propres locaux, à Renens, il y a un an. Elle développe actuellement trois fongicides, dont l’un en est déjà au stade des tests de terrain, qu’elle décrit comme «très prometteurs».
«Développer un nouveau fongicide prend beaucoup de temps», explique Olga Dubey, CEO d’AgroSustain. «Il faut passer en revue de très nombreuses substances pour identifier celles qui ont des propriétés antifongiques.» Les substances sont ensuite testées, en trois étapes. On observe d’abord leur effet sur des champignons in vitro, dans une boîte de Petri. Si l’essai est concluant, on les teste sur des plantes, en laboratoire. La troisième étape est de les observer dans les champs, en situation réelle, in vivo. Une phase délicate.
In vivo
«En laboratoire, nous contrôlons la température, l’humidité ou la présence d’autres organismes», explique Olga Dubey. «Sur le terrain, ce n’est pas le cas.» La sécheresse de l’année 2022 a par exemple empêché les champignons de se développer, faisant perdre une année aux essais de terrain. Vient ensuite la phase d’homologation, qui peut durer de cinq à sept ans. Il s’agit de montrer que les produits ne sont pas néfastes pour la santé et l’environnement. «Les nôtres se trouvent déjà dans la nature, ils peuvent donc être dégradés naturellement», continue-t-elle.
Huiles végétales
AgroSustain a lancé un second projet, afin de s’assurer des rentrées financières pendant le long chemin du laboratoire au marché. Il consiste à protéger des fruits et légumes après la récolte avec une fine pellicule à base d’huiles végétales. «Cela les empêche de perdre de l’eau et prolonge leur durée de vie», explique Olga Dubey. Le produit est déjà utilisé par des acteurs de la grande distribution en Suisse et en Allemagne, et un gros contrat avec un client français va bientôt permettre à AgroSustain de quadrupler sa production.
Comment la CEO voit-elle son entreprise dans vingt ans? «Nous serons un guichet unique pour nos clients, qui viendront nous voir pour tous leurs problèmes liés à la protection des plantes», répond-elle. «Nous leur fournirons des solutions naturelles et efficaces.»
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